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HIGH ON WHEELS
"Astronauts follow me down"
2018
(Autoproduction)


Discographie

HoW (2015)
Astronauts follow me down (2018)


HIGH ON WHEELS est un trio d’origine francilienne composé de Greg, un batteur vocaliste exhibitionniste, de Bruno, un guitariste chanteur qui ne se contente pas que de pincer des cordes et de Gilles (plus connu sous le nom de Black Cousteau) un bassiste expert en houblon fermenté en provenance d’outre-Quiévrain.

Promis, juré, craché, je n’invente rien et toutes ces infos figurent dans le joli digipack concocté par ces 3 garçons qui ne manquent assurément pas d’humour ni de goût au regard de la magnifique pochette de ce "Astronauts follow me down".

Mais trêve de plaisanteries, intéressons nous à présent à notre plus grande préoccupation, à savoir le contenu musical dudit objet, d’autant que le combo dispose de quelques références live assez intéressantes avec des premières parties telles que Geezer ou les Nashville Pussy.

C’est "Desert spirit" qui ouvre les hostilités sur une intro lancinante, avec des guitares bien grasses, dans une sorte de jam très 70’s. Puis le son Desert Rock se met en place avec une basse très présente et des riffs écrasants, servis par une guitare fuzzy au son bien grave, caractéristique du genre. Très rauque, la voix colle parfaitement au propos et nous offre un joli refrain sur ce premier morceau. Les soli de guitares assez planants sonnent très psychédéliques, un sentiment renforcé par une utilisation massive de la wah wah qui confère un côté 70’s et Hendrixien très agréable.

Au final, ce premier morceau porte parfaitement son nom et pourrait faire office d’exemple pour qui ne connaît pas le style Desert Rock.

"Straight in the air" propose un autre ingrédient caractéristique, à savoir l’influence Punk Rock pour le titre le plus court de l’album. Une décharge punkoïde avec toujours ce son lourd, toutefois contrebalancée par des moments plus aériens joués par une guitare slide du plus bel effet, et ce dès l’intro du morceau.

Après ces 2 premiers titres, l’album entre dans une galaxie psychédélique avec deux longs morceaux quasi instrumentaux puisque le chant n’intervient qu’avec parcimonie.

Après un sample de chorale militaire, une basse pachydermique et très prégnante tout au long du morceau, ouvre "Super vixens" avant que la guitare tout aussi heavy ne la rejoigne. Mais ce qui marque l’auditeur c’est le côté halluciné et bruitiste du morceau, lié à la fois à la présence d’effets sonores (dont de l’écho) sur les voix parlées, mais aussi à ces guitares qui larsennent ou sont passées au filtre de la wah wah.

"Psychonautics" enchaîne dans une veine assez similaire avec une guitare tour à tour plaintive (très distordue, à la limite du larsen pour un rendu très planant), puis plus Doom dans le plus pur style de Black Sabbath. Mais ce qui fait le charme (ou pas d’ailleurs) de la composition, c’est l’utilisation tout au long du morceau de samples issus du soundcloud de la NASA, qui renforce le côté aérien (pour ne pas dire spatial) et planant du morceau.

Titre plus rentre dedans, "Pray for your skills" voit le chant faire son retour et propose une structure plus conventionnelle et surtout plus confortable pour l’auditeur. Les riffs sont efficaces, à la fois Punk et Doom, et le titre possède un côté assez entraînant avec toujours un semblant de mélodie. A partir de 4’00, le tempo se ralentit, le groupe part presque dans une jam mais le trio ne nous laisse pas redescendre tranquillement et termine la composition toute en accélération dans un jeu de montagnes russes assez efficace.

"Spaceship" est introduit par une basse qui me rappelle Jane’s Addiction tandis que la guitare larsenne pour un décollage tout en douceur, aérien de notre vaisseau spatial. Mais bien vite les premières zones de turbulences arrivent avec le chant soutenu par des guitares "iommesques" redoutables. La wah wah intervient plus que de raison sur ce morceau aux riffs incisifs, mais la mélodie reste présente malgré la lourdeur doomesque, en particulier grâce à un joli gimmick de guitare qui revient tel un refrain. L’alternance des tempi est excellente et il convient ici de souligner la qualité de la section rythmique, en particulier pendant les soli du fait de l’absence d’une deuxième guitare. L’effet power trio joue ainsi à plein et on a la sensation d’être en pleine session live, une magnifique initiative !

"Until you die" le dernier morceau de l’album, me rappelle les Masters Of Reality, le groupe de Chris Goss, un personnage important dans l’avènement du style Desert Rock, au même titre que des musiciens tels que Josh Homme ou Brant Bjork. Les guitares envoient du gros riff et le tempo est plus élevé, avec des parties Punk, ce qui permet d’achever l’album par une bonne claque qui se finit dans une atmosphère Heavy et bruitiste.

Au final, je dirai que ce premier album de HIGH ON WHEELS s’adresse avant tout à un public averti car il faut être initié à ce son si particulier, fuzzy, grave, bardé de wah wah et il faut aussi être capable de digérer ces longues plages instrumentales très psychédéliques.

Néanmoins, il peut aussi être une bien belle porte d’entrée vers le style Desert Rock ("Desert spirit") et dispose de morceaux plus accessibles ("Straight in the air", "Until you die" ou le superbe "Spaceship" qui met à l’honneur le power trio dans sa plus simple expression) qui pourront ravir vos oreilles de novices.

L’été risque donc d’être chaud à l’écoute de ce 1er album des franciliens et ne dites pas que vous n’avez pas été prévenus si les vertes étendues des campagnes se transforment en déserts arides sur votre passage ou si des cactus poussent dans les villes que vous traversez.

En revanche, si vous croisez un astronaute en train de faire du stop au bord de la route des vacances, arrêtez vous immédiatement à la première aire de repos avant que la marrée chaussée ne pratique le test salivaire !

Chronique par Lolo36
Mai 2018


01 - Desert spirit (6:44)
02 - Straight in the air (3:25)
03 - Super vixens (8:20)
04 - Psychonautics (7:18)
05 - Pray for your kills (6:18)
06 - Spaceship (7:57)
07 - Until you die (5:00)

Musiciens : Greg (Batterie/Vocals), Gilles (Basse/Vocals), Bruno (Guitare/Vocals)



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