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MALEMORT
"Ball trap"
2017
(Autoproduction)


Discographie

French romances (2012)
Ball trap (2016)


En 2012, un jeune groupe originaire du Val d'Oise proposait son premier album autoproduit "French romances". S'affranchissant de toute étiquette, les musiciens s'enorgueillissent de suivre cet adage : "Nous, musiciens sans nom, sans étendard et sans chapelle, avons décidé de créer Malemort à l'image que nous nous faisons du Métal : Libre !".

Le résultat est une musique riche et spontanée, puissante et attrayante... qui trouve rapidement l'adhésion d'une presse unanime et d'un public grandissant. Ce dernier leur est acquis à grande dose de shows bouillants effectués sur de nombreuses scènes durant quatre années. Partageant l'affiche de groupes de tous horizons tels Death Angel, Pro-Pain, No One is innocent, UFO, Diamond Head, Bukowski, Tank, ADX, Zuul FX, Witches, Incry, Headcharger... les musiciens en profitent pour mettre en avant et tester de nouvelles compos. C'est donc avec une optique d'efficacité qu'ils renforcent une nouvelle set liste, au fil des dates, dévoilant au fur et à mesure ce qui sera leur prochaine offrande studio.

Pour se faire, Xavier Malemort, leader et chanteur du groupe, rencontre à Bordeaux Frédéric "El Mobo" Motte, l'un des compositeurs phare des trente dernières années de la micro informatique (Nintendo, Atari, Amiga...). Musicien, il a joué notamment en tant que bassiste avec Ron Thal (Bumblefoot, Guns n' Roses...), mais aussi producteur reconnu à qui l'on doit entre autres le dernier Gorod. Le feeling passe entre les deux hommes, et le groupe investit le
Conkrete Studio pour enregistrer onze nouveaux titres qui composeront le nouvel opus.

Le line-up de Malemort a évolué. Il est pour ce nouvel album constitué de Xavier Malemort (Chant), Steve (Guitare), Seb Lafaye (Guitare), JC (Basse) et Seb Berne (Batterie). Cette dernière est enregistrée au
Studio de la Tour Fine par Vincent. "El Mobo" se charge, quand à lui, du mixage et du mastering.

"Ball-trap" sort en autoproduction le 5 décembre 2016, sortie boostée par une interview et la chronique dans la rubrique "notre album du mois" de la revue Rock Hard N°171, aux côté de Metallica, Crowbar, Avenged Sevenfold, et autres... excusez du peu ! Ils obtiennent une note de 9/10. Une mise en avant salutaire et méritée, que le magazine renouvellera en incluant un titre de cet opus dans un prochain sampler.

Sans être un concept-album, "Ball-trap" raconte "
le parcours initiatique d'un jeune homme avant-gardiste des années 20, les fameuses "années folles", superbement mis en image sur l'artwork de la pochette par Nicolas Debuisson. Riche en détails, au service de l'histoire, avec des jeunes femmes dans le plus simple appareil, fleurant la prostitution. Le costume de l'homme celui de la prohibition. Véhicule d'époque, poilus issus de la guerre passée... autant d'images auréolées de perles et de roses et teintées de la fumée de cigarette que le quidam tient dans sa main, font de ce dessin un dépaysement et une réussite au service de l'œuvre des musiciens. Un artwork qui devrait prendre toute son ampleur sur une version vinyle, si le groupe avait l'idée d'en éditer quelques exemplaires.

Les paroles de "Ball trap" sont imagées, voire "
elliptiques" aux dires de Xavier. Ce dernier est en train "d'écrire la nouvelle qui retrace ce récit, afin que les personnes qui en auront envie puissent la lire sur le site du groupe". Le livret est lui aussi réussi. Outre les paroles agrémentées de croquis dans des nuances de rouges, il contient remerciements, renseignements sur l'enregistrement, et un superbe croquis en noir et blanc représentant les musiciens en costumes d'époque, Xavier abhorrant la "sulfateuse d'Al Capone", célèbre mitraillette d'alors.

Il est grand temps de se plonger dans cette époque révolue que sont les "
années folles". A peine remis des horreurs d'une guerre traumatisante, le peuple français redécouvre le plaisir de s'amuser et un intérêt pour une culture en pleine éclosion. "Ball-trap" ouvre les hostilités, après une intro ou chaque instrument prend ses marques. Le tempo s'envenime dans une certaine urgence, à l'image des mots "crachés" avec une volubilité impressionnante par un Xavier envoûté. On retrouve avec plaisir son amour pour la langue française, jouant avec les mots comme un Manset ou Thiéfaine, ponctuant cette œuvre d'autant de phrases fortes hautement imagées "Parce que les mères folles, qui reposent en corolle tout au fond d'un entresol. Parce que l'homme sans visage, vérolé de carnage, plie sous mes outrages...".

Le son signé Frédéric Motte donne toute sa dimension à la musique de MALEMORT. Une entrée en matière bien rentre dedans, à l'instar de ces riffs marqués, prompts à un headbang de rigueur. Le refrain, comme tous les titres de cet opus, est vite mémorisable et addictif. Le genre qui s'enfonce dans notre cerveau et que l'on se surprend à chantonner plus tard. Chaque musicien abat son boulot avec maestria telle la rythmique "coup de poing", ou le soliste Seb Lafaye aux envolées aussi impressionnantes qu'inspirées.

Après ce premier uppercut, MALEMORT nous assène "Mille regards" aux relents thrashy, limite death mélodique ! Le tempo est donc loin de se calmer. La guitare apporte son lot de mélodies et le fait de posséder deux six-cordistes au sein du groupe est un apport indéniable et un gain de puissance rythmique supplémentaire. Le chant de Xavier est varié, mettant en avant ses mots avec un talent qui lui est inné. On pense à Renaud Séchan lorsque le vocaliste conclut la chanson. On se laisse embarquer au fil des mots, et des riffs mélodieux et puissants avec un plaisir grandissant et une accroche inexpugnable.

On calme le jeu avec le tempo de "Foutue belle jeunesse (La carapace)". Un morceau aux aspects punks et un côté Rock à la Noir Désir. Les "
je ne savais pas" devraient faire leur effet en concert. Le groupe s'en sert d'ailleurs, calmant le jeu, répétant ces mots pour relancer le morceau et conclure tout en puissance sur le refrain répété encore et encore jusqu'à sa conclusion.

Outre les groupes précités, la musique de MALEMORT nous fait penser tantôt à un Porte-Mentaux survolté, à un Timides survitaminé, un Parabellum ou Shériff à la sauce Métal, ou un Lofofora à la sauce Pantera... A la fois tout cela et beaucoup plus encore ! Les aspects Punks ou Rock Alternatif sont flagrants sur "Brûle", un morceau qui aurait pu ne durer qu'une minute trente, le groupe préférant nous proposer une partie instrumentale avant de repartir avec un côté enjoué salutaire.

Le tempo se durcit, se teintant de sombre avec un style plus lourd sur "Madame". L'humour est omniprésent "
Quelle belle histoire, cousue de barbelés la chair malmenée". Un "appel aux libertinages", à l'instar de ce refrain également entraînant nous apportant le sourire aux lèvres.

"Cabaret Voltaire" est le titre que le groupe à choisit de mettre en avant via un clip plutôt réussi, avec des images volontairement vieillies pour nous plonger dans l'époque. Après une intro qui nous plonge dans l'ambiance des cabarets, le tempo s'envole et nous entraîne dans des relents Rock'n roll endiablés. Saluons une nouvelle fois le travail soliste de Seb Lafaye, impérial ! Quelques notes de piano nous replongent dans ces endroits enfumés de l'époque avant de conclure. MALEMORT reste dans un registre qui lui va bien, de titres efficaces avoisinant les trois minutes et au refrain qui fait mouche !

On change d'ambiance avec "Mon nom", au tempo plus "posé". Un titre plus Rock que Metal d'une efficacité certaine. Un passage acoustique avant que les guitares ne nous assènent des soli aussi enflammés qu'inspirés. C'est d'ailleurs avec ce côté acoustique que se conclue le morceau.

Retour au Metal et aux riffs lourds et bien marqués sur "Décadence". Un refrain toujours efficace, des parties instrumentales lourdes et un savant travail des guitares font de ce titre l'un de mes préférés de l'album.

"La fille de Manchester" calme le tempo. A préciser que la basse est tenue sur ce titre par Fab Mandola. Un morceau tout en ambiances rafraîchissantes qui nous montre encore un superbe travail des guitares.

"Vaille que vaille" poursuit avec son refrain entêtant. Le phrasé de Xavier sur les couplets peut surprendre, voire dérouter. Toutefois on se laisse vite embarquer. D'ailleurs, ce titre à un côté chanson de marin addictif... un côté Soldat Louis version Metal !

"Carnaval cannibal" enfonce le clou et conclut en toute beauté les débats ! Riffs en avant, tempos accélérés et soli diaboliques ponctuent ce titre.

Au final, MALEMORT nous propose un deuxième album riche et entraînant aux côtés addictifs indéniables ! "Ball trap" est indispensable et prendra soyons-en sûrs, une bonne place sur vos étagères. En attendant leur prochaine offrande, n'hésitez pas à aller les apprécier en live s'ils passent dans votre région. Personnellement, je les attend avec impatience !

Chronique par Dom Baillon
Avril 2017


01 - Ball trap (3:13)
02 - Mille regards (4:00)
03 - Foutue belle jeunesse (La carapace) (3:25)
04 - Brûle (3:05)
05 - Madame (3:45)
06 - Cabaret Voltaire (3:10)
07 - Mon nom (3:30)
08 - Décadence (3:20)
09 - La fille de Manchester (3:22)
10 - Vaille que vaille (3:12)
11 - Carnaval cannibale (3:20)

Musiciens : Xavier (Chant), Sébastien (Guitare), Steve (Guitare), JC (Basse), Sébastien (Batterie)



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