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SILVERTRAIN
"Walls of insanity"
2016
(Brennus Music)


Discographie

Which platform please ? (LP 1979)
Keep the flame (SP 1980)
Which platform please ? (CD 2013)
Silvertrain (CD 2014)
Walls of insanity (CD 2016)


Philippe Yborra, leader et fondateur de Silvertrain est quelqu'un d'humainement gentil et passionné et l'amour du métal rapproche.... De longs échanges ont eu lieu. Je vous en propose ici la teneur, ainsi que la dissection du nouvel album de Silvertrain "Walls of insanity", sorti le 25 mars 2016.

Commençons par un plongeon dans le passé...
"Les origines de Silvertrain remontent à 1975, suite à ma rencontre avec Chris Lane du côté de Strasbourg. Il a fallut un peu de temps pour réellement démarrer, donc le vrai départ de Silvertrain c'est de 1978 jusqu'en 1986".

Pourquoi avoir choisis de prendre des pseudos ?
"
Avec Chris Lane, notre ambition... plus qu'une ambition, c'était une volonté, et on l'a fait ! On était Pro, et pour être Pro, qu'est-ce qu'on fait ? On a d'abord trouvé un lieu, une gare désaffectée (grâce à ma tante qui travaillait à la SNCF), que nous avons aménagée pour y vivre tous ensemble. En 1975, j'ai rencontré Chris Lane. Les semaines qui suivent se furent Martin et Christian, le bassiste et batteur. Etant donné que nous résidions à proximité de Strasbourg et de l'Allemagne, on voulait faire une carrière internationale. Pour ça, on ne s'appelle pas Durant ou Dupont. Nous avons donc décidés d'utiliser des noms d'artistes. Pas vraiment nouveau aussi à l'époque puisque Eddy Mitchel, Johnny... ont des noms d'artistes. On a cherché et trouvé vite fait, bien fait ! C'était comme ça, le petit truc, le côté sophistiqué du groupe pour avoir une carrière internationale".

Une carrière qui démarre sur les chapeaux-de-roues avec près de 440 concerts !
"L'ADN de Silvertrain a toujours été le concert, la route. On a eu la chance pour trouver ces tournées. Nous n'avions pas de Tour Manager à l'époque. C'est nous-mêmes qui faisions tout ! A force, nous avons commencé par cinquante, soixante concerts... Puis j'ai eu la chance de rencontrer Michel Kilhoffer par l'intermédiaire de Patrice Boutin, qui était le patron du journal Best, mensuel similaire à Rock & Folk à l'époque. Michel m'a appelé dans son bureau à Mulhouse. Il m'a dit : "Phil, je vois que vous tournez beaucoup, je vois passer les dates. Je vous ai aussi vus en concert. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si vous seriez d'accord pour faire la première partie d'un grand groupe."
"Ben oui, aucun problème Michel, c'est qui le groupe ?"
"Bon ben voilà, je ne vous donne pas de cachet, vous n'avez pas d'intendance, déplacement, bouffe, etc... Vous n'avez rien ! vous montez et démontez le matos. Est-ce que ça t'intéresse ?"
"Tu peux me dire le nom du groupe ?"
"Non. Tu réfléchis et tu me dis". Dans la seconde, j'ai dit : "Banco !".
On se serre la main et c'est là qu'il m'annonce que c'est la tournée "Bomber Tour" de Motörhead. On a donc enclenché sur la tournée Bomber Tour de Motörhead. Le côté magique de cette tournée, c'est que Lemmy est venu nous voir lorsque nous montions le matos et nous a dit "le contrat c'est ça !". On fait le premier concert à Bordeaux et à la fin de la soirée, nous sommes allés dans les loges de Motörhead. Lemmy vient me voir et me dit : "Phil, dorénavant, vous ne montez ni ne démontez le matos".

C'est pas génial ça !?! Maintenant il y a prescription, et je peux le dire : Lemmy, Phil "Animal" Taylor ou Fast Eddy Clark (le line-up Motörhead de l'époque) sont des mecs... sont des sucres quoi ! Fallait pas casser l'image, mais ce sont de vrais gentils ! On croit toujours que c'est des baroudeurs, des mecs qui font n'importe quoi. Non, non non ! Ce sont des personnes vraiment gentilles. Mais il fallait être à la hauteur, c'était vraiment des professionnels. Idem, lorsqu'on a fait la première partie de Rose Tattoo, qui est tombée après celle de Motörhead. Avec ces derniers nous avons effectués treize dates en Allemagne. La Prod allemande qui avait acheté la tournée à Michel était tellement satisfaite de cette première partie dans leur pays, qu'ils nous en ont proposé une autre : c'était celle de Rose Tattoo. On a donc fait la tournée Allemagne + France, et également avec Foreigner. Tous ces gens-là, ce sont de grands professionnels. A côté d'eux, au démarrage, tu es tout petit et tu apprends énormément ! Il faut savoir apprendre, savoir être humble et surtout, se laisser guider, conseiller. Ils avaient énormément d'expérience et de grosses dates. Et quand tu joues, que ce soit avec Motörhead, Rose Tattoo ou Foreigner, dans des salles de cinq mille, huit mille, dix mille personnes... Ouch ! ça fait chaud ! Parce que nous, nous ne faisions que les MJC avec cent, cent cinquante voire deux cent personnes ! Donc, tu vois ! La notoriété de Silvertrain a été acquise grâce à ça !".

Cela ne vous a pas donné "La grosse tête" ?
"C'est une question de caractère. Quand tu es professionnel, tu fais ton truc jusqu'au bout. Tu essaies d'être le meilleur possible, d'équilibrer les comptes le plus juste possible. J'ai malheureusement rencontré en France beaucoup de gens qui avaient les chevilles qui enflent, le melon ! Trop ! La meilleure façon de remettre les cons à leur place, c'est de leur montrer ce que tu es réellement. C'est comme un artisan. S'il fait de la merde, tu vas lui dire. Par contre, si c'est fait avec passion, avec amour, c'est un vrai pro. Tous les métiers c'est pareil. Dans la musique, il faut être partant. Regarde AC/DC. Ils ont changé Brian. C'est Axel qui le remplace. Bien sûr c'est pas Bon Scott, c'est pas Brian, mais il fait ce qu'il peut ! J'ai écouté leur concert et c'est pas si mal que ça ! Ca veut dire que quand tu es pro, tu ne te prends pas la tête et tu fais vraiment ce que tu aimes faire !".

Parlons un peu de la discographie de l'époque...
"A l'époque, pour l'album "Which platform, please ?" et ses deux ans de préparation, on écoutait beaucoup Kansas, Boston, Slade, Jetthro Tull... ça, c'était plus Chris. Moi c'était plutôt Black Sabbath, Ozzy Osbourne, Rainbow, des noms comme ça. C'est un patchwork intéressant. Et à l'écoute, avec des morceaux comme "Magic man", "Nearer to the light"... Tu retrouves vraiment cette période très très belle, très créative. Ces morceaux représentent vraiment cette période. Cet album est vraiment un condensé de ce que l'on écoutait à l'époque. Le style de Silvertrain a commencé à se dessiner à cette époque. Et surtout cet album a tout de suite été chroniqué "car un mec chantait bizarrement". Un chant différent de ce que l'on entendait à l'époque, une voix particulière. Et cela mettait les gens dans un contexte très simple : on aime ou on n'aime pas ! Cela a donné de belles chroniques.
Ça nous a permis d'avoir cette particularité de la voix, ajoutée à la création de Chris pour les compos. Tout cela a donné l'ADN de Silvertrain. Si l'on écoute bien des morceaux comme "Nearer to the light", "Magic man", "Farewell"... dans le fond, si tu regardes bien tous ces morceaux et que tu écoutes le dernier album que l'on a fait aujourd'hui, bien sûr ce n'est pas pareil ! Mais tu as des relances. C'est à dire que ce que je veux toujours, c'est garder cet ADN. Quand tu écoutes "Which platform, please ?", "Silvertrain" ou "Walls of insanity" tu sais que c'est Silvertrain ! C'est notre signature et je fais très attention à tout ça".

Un album suivi d'un 45 tours, c'est quand même étonnant...
"L'histoire du 45 tours est très simple : on tournait en promo de l'album "which platform, please?", première partie de Motörhead, etc..... et nous étions sur un rail plus Métal. Et pour la tournée Rose Tattoo, il fallait tout de suite sortir un test titre. Pour la préparation et pour la conception, c'était encore plus long. Quand je dis plus long, pour un album c'est minimum huit mois entre la création, la préparation, studio, etc... alors, Diliana Verohoeven (véritable protagoniste de la tournée Rose Tattoo, c'est elle qui a négocié avec Michel Kilhoffer) nous a dit "vous faites deux titres, vous rentrez en studio et on promotionne ça". En un mois on l'avait fait, pochette comprise. Tout compris. Et mine de rien, on en a vendu plus de dix mille de ce petit truc là ! C'est quand même pas mal pour l'époque ! Avec "Keep the flame", on est vraiment rentrés dans le vif du sujet, avec le Hard-Rock pur et dur qui deviendra du Métal plus mélodique par la suite... Quand j'ai repris le flambeau en 2013, j'ai fait sortir un album qui s'appelle "Which platform please ?" qui est une compilation regroupant l'album et le 45 tours, plus trois morceaux inédits en live, enregistrés à Nancy lors de la tournée en première partie de Rose Tattoo. Ces trois chansons en live montrent vraiment le vrai virage musical de Silvertrain. C'était vraiment important !".

J'imagine que ces tournées incessantes laissent des marques...
Dans la vie, tu peux où du moins tu essaies de tout contrôler, sauf le destin. Celui de Silvertrain a été provoqué tout simplement, sans le vouloir. On tournait énormément et ce qui s'est produit lors des dernières tournées, lorsque nous faisions une vingtaine de concerts en 84, 85, Chris se fatiguait énormément. On était obligés de s'arrêter. On a fait un break, deux breaks, trois breaks... un moment donné, il a été obligé de consulter et ils lui ont découvert une insuffisance sanguine. On a donc arrêtés ! Moi, je ne pouvais pas imaginer tourner sans Chris ! Quand tu vis dix ans avec une personne, on vivait tous ensemble dans notre gare, c'était nous, nos copines, les femmes, les enfants, tous ensemble ! Et donc quand tu vis ça, tu ne peux pas. Ce n'était pas dans notre esprit. On a donc arrêtés dans l'espoir de recommencer plus tard. Le plus tard n'est jamais arrivé. C'est malheureux, triste... Chris n'a pratiquement jamais travaillé, handicapé à cause de ça. Il a fait des petits boulots. Il s'est retrouvé très très bas, mais on l'a toujours aidé, que ce soit Chris, Martin ou moi. On le suivait, on allait le voir. Même lorsque j'ai déménagé j'allais le voir trois fois dans l'année. On ne s'est jamais perdus de vue. Même en 2009, 2010, j'essayais de faire imaginer à Chris que nous allions reformer le groupe. Mais il dépérissait, dépérissait... jusqu'à ce jour fatal du 8 mai 2013 où il est partit.
C'est à ce moment-là que je me suis dit : "Phil, tu te donnes un coup de pied au cul, tu te regardes dans la glace, tu reprends le flambeau et tu y vas !".
Quand tu fais un break comme celui-là, tu as deux possibilités : soit tu continues à y croire, à imaginer que tu vas reprendre le flambeau, mais là il y avait eu trop de temps. Martin et Chris ont rencontré quelqu'un. Ils se sont installés. J'ai posé la question à Martin, il m'a répondu "Phil c'est pas qu'on ne veut pas, mais on n'a plus la niaque qu'on avait à l'époque. Mais par contre on va t'aider pour le groupe". Ils l'ont fait et m'aident toujours ! D'ailleurs Martin et Chris sont les ambassadeurs de Silvertrain en Allemagne. Ce sont eux qui sont chargés de communication avec les prod' allemandes et ça va payer, puisqu'ils sont en pleines négociations. On travaille ensemble, même s'ils ne montent pas sur scène avec nous. Je les vois régulièrement. On se tient au courant toutes les semaines concernant leurs activités en Allemagne. Donc ils sont très présents !".

Le retour
Pour relancer la carrière du groupe, Phil sort une compilation CD "Which platform, please ?" regroupant les titres de l'album, le 45 tours et trois titres live enregistrés à Nancy en 1981 :
"L'idée était très simple : Silvertrain a arrêté en 1985-86 pour des raisons qui n'étaient pas de notre ressort, c'est le destin qui nous frappait comme ça ! Il n'était pas question que l'on reste sur cette fin-là ! Donc on va continuer l'aventure, mais avant tu réfléchis. Comment ? Avec qui ? Parce qu'on n'est plus en 1985 mais en 2013. Tu te poses beaucoup de questions, sur un plan budget, communication... Plein de choses ! Tu repars quasiment à zéro ! Le train s'est arrêté en gare pendant un certain temps, alors maintenant il faut le dégripper. Il faut faire tout ça en amont et c'est ce que j'ai fais ! J'ai passé tout 2013 pour remettre le train sur les rails et démarré en 2014"...

2014 et un nouvel album
"Le premier album nouvelle mouture a été un sacré boulot. Il a fallu "cacheter" une centaine de guitaristes. Si je n'ai pas cacheté une centaine de guitariste en France, c'est que j'ai rien cacheté du tout !!! J'ai vu beaucoup de gens au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est. Et puis je m'attendais à trouver quelqu'un sur Paris, Marseille, Lille ou même Strasbourg... mais je l'ai trouvé à Montluçon, aussi bizarre que cela puisse paraître ! Ce mec (Mathieu Colin) m'a plu par son jeu de guitare, son comportement intellectuel... par son comportement tout court, sa volonté d'en faire sa profession. Il a trente deux ans. Son seul but c'est de vivre de sa musique. Donc on a fait des tests pendant deux mois et on voit si on peut faire des trucs. On a fait quelques petites sessions dans des bars, des petits pubs autours de Montluçon, à Clermont et puis la mayonnaise a bien pris. On s'est bien plus et il m'a dit "Phil, si tu es ok, moi je suis partant !". Partant de là, on a trouvé un premier line-up avec Erwan Eveno à la batterie, Fred à la deuxième guitare et Marine à la basse. Puis, il s'est avéré au fil des semaines que c'était incompatible avec la mentalité du groupe. J'ai dit à Mat : "On va booster. On va travailler à quatre. On va transcender. C'est à dire qu'on a une musique assez pleine, mais on va se démerder et le faire à quatre. Il a dit "Banco, j'accepte le défi !". On a réalisé ce défi ! D'où le premier album avec des titres comme "Heroes", "The night of oblivion"... même s'il n'y avait pas la prod'... D'ailleurs comme l'a dit François Blanc dans sa chronique dans Rock Hard, la première chronique "c'est vraiment surprenant et intéressant de voir qu'un groupe qui s'arrête en 86, refasse surface avec la même conviction, la même émotion...". La seule chose qui était négative dans cet article, c'est que la prod' était nulle à chier ! On avait un petit budget et donc la production n'était pas à la hauteur. Mais ça nous a permis avec Mat, de bien définir de se booster pour en sortir très vite un deuxième. Et là on a mis les bouchées doubles. On a multiplié ça par dix ! Ce premier album est vraiment une reprise de Silvertrain pour dire "Silvertrain est là" ! Les français, les allemands et ceux qui veulent bien nous entendre et bien on est là, ne nous oubliez pas ! On va essayer de faire des titres qui vont vous plaire et voilà !
Ça s'est avéré payant. Cet album marche encore très très bien. On a contacté le label Brennus Music, puis le tourneur Rock City Agency (Mass Hysteria, Vulcain, Satan Jokers...). On est bien placés là-dessus. Avec ce premier disque, on a planté le drapeau en France signalant que Silvertrain est de retour".

L'album "Walls of insanity"
"On a réfléchis avec Mat : "Qu'est ce qu'il faut pour avoir un très bel album : 1 sur le plan prod', c'est à dire son. 2 sur le plan communication. 3 sur un plan musique". On a donc travaillés avec Mat quinze heures par jour sur chaque compo, pendant six mois en immersion totale. J'ai créché chez lui. On travaillait matin, midi et soir. On se levait la nuit, on se couchait le matin. Une quinzaine de morceaux étaient là ! Ensuite, il nous fallait le son. Qui va-t-on prendre ? J'ai laissé faire Mat. Il a cherché et trouvé Fred, le guitariste de Bukowski qui fait également du son. J'ai écouté ce qu'il faisait et il m'a scié ! C'est vraiment super ce qu'il fait ! J'ai donc pris mon téléphone et je l'ai appelé : "Bonjour, je suis Phil le chanteur de Silvertrain". "Oui j'en ai entendu parlé qu'est-ce que je peux pour toi ?". "Ben j'aimerais bien que tu sois notre prod' si ça te dit ?". On a parlé bien sûr, mais pas simplement un ingénieur du son qui fait le son et basta, non ! C'est un prod' qui va mettre sa patte, qui va travailler réellement l'artistique du groupe. Il me dit qu'il va réfléchir à tout ça et que je lui envoies les maquettes... Je le fais, une semaine, deux semaines, j'ai rien ! Troisième semaine, je reçois un appel de Fred qui me dit "Bon Phil je suis partant. Je suis Ok. Je m'embarque dans l'histoire". Là on a commencé à parler budget. Effectivement ce n'est pas donné, mais on tombe d'accord. Plus d'un mois et demi de prod' avec Fred, c'est énorme. C'est beaucoup, mais je pense qu'avec le bébé qui est sortit là, on a fait du très bon boulot sur un plan son. On a été studieux , on a dit "bien chef !" à chaque fois. On était aux ordres et on a fait vraiment comme Fred sentait la chose. Il m'a fait évoluer dans des registres que je ne connaissais pas, et ça c'est vraiment intéressant. Des morceaux comme "Agony" ou "Redemption", c'est plus la voix très aiguë de l'époque. Il m'a fait travailler dans des registres un peu différents, qui apportent beaucoup plus d'amplification et d'ampleur aux mélodies. Et par l'intermédiaire de Fred, on a eu des conseils pour avoir des gens qui gravitent autour de nous. En l'occurrence, le mastering a été fait par Magnus Lingberg qui est en Suède, et qui nous a fait la gentillesse d'accepter de le faire. Et on travaille maintenant avec Roger Wessier pour tout ce qui est promo, qui gère l'intermédiaire entre le label, le tourneur et les médias. Donc la structure est bouclée. Le disque est sorti le 25 mars 2016, le vinyle sort plus tard. Je tiens à préciser que pour cet album la quasi totalité des morceaux est composée par Mat. Il a fait réellement des prouesses en composant et en gardant l'identité Silvertrain, il s'est d'ailleurs accaparé le nom. Donc ça fait plaisir !".

L'artwork
"Quand tu veux t'affirmer en faisant du haut niveau, il te faut donc un bon son, une bonne prod', un bon mastering, une bonne communication, des bons éléments, un bon guitariste... avec une particularité qui est une griffe, une signature ! Tout ce qui est visuel, c'est Stan W-Decker qui s'en occupe. On l'a rencontré quand on a invité son groupe en 2014 pour jouer à "La puce à l'oreille" à Clermont. Nous avons sympathisé.
Ça a vraiment fusionné et il m'a dit "je fais ça et ça, si tu veux je travaille pour vous". Je lui ai demandé de me montrer son travail. Il commençait mais travaillait déjà pour des groupes comme Vanden Plas. Aujourd'hui il travaille avec beaucoup de groupes américains. Il commence à avoir une super notoriété. On s'est mis d'accords avec Mat et on lui a donné l'idée de base : il fallait qu'il y ait un dôme sur la pochette. Un dôme qui représente à l'extérieur le passé et à l'intérieur le futur. Le présent, c'est le mec qui rentre dans le dôme, c'est un passage. On a voulu marquer le passage de l'ancien Silvertrain vers le nouveau Silvertrain. Donc on lui a demandé un dôme avec le passé, le présent le futur. Il nous a pondu des maquettes, et on était sur le cul ! Parce que ça me plaisait. Il avait tout compris ! Il n'y a pas à discuter cent sept ans. On lui a juste dit dôme, passé, présent et avenir et il nous a pondu ça ! La première maquette qu'il nous a présenté est représentée au centre du livret avec le dôme et les rails qui rentrent et qui sortent. Quand il nous a envoyé ça on était aux anges ! Il a ensuite fignolé tout ça, le livret, etc... Même au niveau des images... Par exemple la photo du groupe en deuxième page : "Tu vois là, t'as une gueule de con. On dirait que t'as pris une murge de deux ou trois jours", mais il me dit "Cette photo elle est bonne !". Bon effectivement, j'ai une tronche de cake, mais ce n'est pas grave. Ca donne une ambiance. On la trouve bien cette ambiance et avec ce titre "Walls of insanity" c'est à dire le mur "pas des lamentations", mais de toutes les doléances, de tout ce qui se passe sur la planète. Tu peux tout mettre dedans ! Et tous les titres de cet album peuvent rappeler ce titre qui est le dénominateur commun".

Comme à son habitude, Stan a fait du très beau boulot avec ce nouvel artwork de qualité. L'explication de Phil est la bienvenue, balayant toute ambiguïté avec une éventuelle série télévisée "Under the dôme" tirée d'un récit de Stephen King. Le "passé" est représenté par un paysage dévasté post apocalyptique, jonché de carcasses automobiles. Une silhouette (le présent) se dirige vers le dôme, dont les portes sont représentées par le logo du groupe. "Le logo tel qu'il est là est très actuel car il a été inventé en 2013". Les rails sont bien présents, et on devine une cité futuriste sous le dit-dôme. On attend avec impatience la version vinyle qui donnera un rendu encore plus percutant à cette œuvre. Le livret, plutôt consistant, est lui aussi des plus réussi. Alternant photos des musiciens, paroles des chansons, renseignements sur l'album, dessins et remerciements. A préciser que si l'on retrouve les photos de Patrick Gaudron (basse) et Romaric Rzucidio (batterie), actuels musiciens du groupe. C'est Mathieu Colin qui s'est chargé de la basse sur l'enregistrement de l'album et Erwan Eveno pour la batterie. Le décor est splendide... place à la musique.

"Walls of insanity" se compose d'un format standard très eighties. Dix titres oscillant entre trois et quatre minutes, pour un total dépassant à peine les quarante minutes. Ne vous attendez pas toutefois à faire un plongeon dans cette époque luxuriante pour l'épopée du Métal. Silvertrain nous propose une musique au son bien moderne dans un registre Hard/Heavy aux mélodies omniprésentes.

Dès l'entame et son "Rock or burn" le ton est donné. Le genre de titre que l'on trouve dans le track-listing d'un AC/DC, bien que musicalement on soit plus dans un format Hard US combiné à un Heavy mélodique. On évolue dans un registre plutôt mid-tempo. Le groupe n'hésite pas de temps en temps à accélérer le rythme pour flirter avec le Speed. D'entrée les guitares sont acérées. On retrouve avec plaisir le chant si particulier de Phil. Ce dernier a gagné en maturité. Le son est parfait, rendant honneur à chaque instrument. La rythmique fait le boulot et Mathieu nous prouve d'entrée que nous allons avoir affaire à un album de guitares, joué avec maestria comme en témoigne les soli regorgeant de feeling, pour une délivrance de notes scintillantes. Le refrain est efficace, taillé pour la scène. Une légère accélération du tempo en fin de morceau et "la messe est dite" ! Après ce premier morceau, les alsaciens nous entraînent à la rencontre de "Loreleï".

"Tiré de la légende allemande et de son fleuve : le Rhin. Il y a un rocher qui s'appelle le "Loreleï" qui fait une trentaine de mètres de haut et qui surplombe le Rhin. La légende dit que la Loreleï, qui est une dame, est partie avec son amant alors qu'elle était mariée avec un grand seigneur. Mais son amant l'a laissée tomber et depuis ce jour, elle a tellement envie de vengeance que du haut de ce rocher, elle détourne tous les navires qui passent et les fait sombrer. Un peu comme dans Ulysse. Elle envoûte les marins qui passent et les fait couler... Je met en scène cette légende avec des gens d'aujourd'hui qui sont affamés d'expectatives, de gens qui veulent faire des choses pour faire du papier, qui veulent tout accaparer à leur niveau, ils veulent tout maîtriser... Tout est à eux. Ils asservissent la presse et les médias. Ils rentrent dans ce cocon-là. Ils sont tellement mégalos qu'ils ne peuvent plus en sortir et ne regardent que leur nombril ! C'est un peu les médias d'aujourd'hui par rapport à une légende que je connaissais et qui m'avait vraiment plu. On essaie de capter les politiques, de sucer tout ce qu'ils peuvent te sucer, et puis en fin de compte tout est dirigé, tout est conditionné !".

Pour embellir cette légende en la mettant au goût du jour, les musiciens ont durcit le ton. A l'image de cette entrée en matière, tous fûts dehors menés de main de maître par Erwan Eveno. Les guitares agressives à souhait le rejoignent. Le ton est résolument plus Heavy. Un énorme travail sur les voix est ici proposé, Phil modulant au gré de l'évolution de l'histoire. L'apport de chœurs apporte un plus mélodique au refrain. La partie instrumentale n'est pas en reste, Mathieu continuant à nous faire partager sa maîtrise pour sa six corde, alors que la rythmique agit hypnotiquement sur nos nuques, les poussant aux headbangings.

On monte en puissance avec "Raptor's mind" : "Ça traite des traders qui sont dans leur tour d'ivoire. En un clic ils arrivent à gagner un milliard ou perdent un milliard ! C'est la nouvelle économie, qui encense le monde. Il y a peut-être une dizaine de sociétés comme ça sur la planète, c'est eux qui gèrent le monde. Ils n'ont aucun scrupule. Ils peuvent démolir une vie comme ils veulent ! "Raptor's mind" dénonce et montre du doigt tous ces gens qui veulent le pouvoir à l'argent. Il y en a qui veulent le pouvoir et qui deviennent dictateurs, mais là c'est le pouvoir par l'argent. On domine le monde par l'argent".

Toutes guitares en avant, on plonge dans un Heavy Speed. Le refrain est fédérateur et ces "Raptors mind" pénètrent dans nos cervelles. Les solos sont une nouvelle fois de qualité et pour nous en remettre, le groupe propose un petit break bienvenue sur lequel on entend les riffs de guitares au loin montant crescendo, avant que la batterie ne relance le débat. Des voix se succèdent, s'entremêlent et on imagine aisément les traders jouant l'argent des autres au téléphone, alors que Phil mène le débat. Du grand art !

Le titre éponyme nous éclate littéralement aux écoutilles ! La qualité et la puissance du son y sont plus que flagrantes. "Walls of insanity" nous propose aussi de découvrir un guest et pas des moindres, puisqu'il s'agit du bassiste de Symphony X, Mike Lepond ! "Avec Mike Lepond, ça s'est passé en 2012, 2013. Mat l'a rencontré en Belgique lors d'un festival. Ils ont sympathisé et sont restés en contact. Lorsque nous étions en immersion pour faire l'album, Mat me dit "Tiens ce serait pas mal de faire venir un guitariste, un bassiste ou un batteur en guest". "Oui j'y avais pensé pour un guitariste". "Moi ce serait pour le bassiste Mike Lepond". "Ok, on va lui demander". Il habite à New York. On lui a téléphoné, il nous a dit oui, et il est sur trois morceaux. Quand tu travailles avec un pro ça va vite. On a eu des échanges de fichiers et en une semaine, le boulot était fait !". Le tempo se veut plus pesant, limite lourd. Phil nous bluffe littéralement avec sa voix, lui donnant un côté Deep Purple... un côté arabisant aussi. Silvertrain a l'intelligence de varier les plaisirs pour un rendu des plus addictifs !!! Le morceau évolue au gré des mélodies, embarquant l'auditeur.

"Burning land" parle des mines anti-personnel. "Il y a plein de villages en Afrique, dont les bandes armées de dictateurs viennent violer, tuer ces tribus. Même de grands pays comme la Russie, l'Amérique, il faut savoir le dire aussi. Ils viennent, ils ravagent tout. La terre brûlée. Ils partent en bourrant les villages de mines anti-personnel, et tu y vois des gamins qui n'ont plus de jambes, des mômes qui meurent, des mères qui sont complètement déchiquetées, des familles entières laminées ! "Burning land" parle de ça et de la peur. Surtout la peur ! Tu es dans un village, tu entend un boum... tu sais qu'il y en un qui s'est fait explosé ! En fin de compte, quand je parle de serpents dans le texte, le serpent qui fuit dans la tribu, c'est pour montrer les gens, à force d'entendre les explosions, qui suivent un petit sentier de cinquante centimètres de large. Ils avancent pas-à-pas car là, il n'y a pas de mines, ça crée un chemin, comme un "snake", un serpent. Si tu prends de la hauteur, tu vois ce serpent et les gens ne voient la vie que par ce chemin-là ! C'est pas gai, mais ça parle de la réalité des choses. On ne vit pas dans un monde de Bisounours". Malgré son thème très noir, le morceau est très mélodique. Son entrée en guitares et de toute beauté. La voix de Phil se veut elle-aussi plus mélodieuse avec un côté Sting. D'ailleurs un aspect Police s'y dévoile légèrement à mon sens. On est dans un registre Hard Mélodique, dans la lignée d'un grand Vandenberg ou d'un Dokken. Le refrain est accentué par les chœurs et le solo est tout simplement de toute beauté.

Un morceau qui ferait le bonheur des radios US. Malgré la noirceur de son sujet. "Burning land" est flamboyant ! J'ai d'ailleurs posé la question à Phil "J'ai toujours dit à Mat : ce qu'il faut c'est dénoncer, mais il ne faut pas dénoncer avec un côté grave. On ne fait pas du Wagner, on n'est pas là pour atomiser le monde. Si c'est l'apocalypse, no future, on ne peut plus rien faire, rien n'est possible, c'est la mort... ça c'est de la connerie ! Il faut se dire que l'espèce humaine est ce qu'elle est. Elle a beaucoup de mauvais côtés, mais aussi de très très bons côtés ! Il faut toujours être positifs et la musique de Silvertrain c'est d'être positive et de montrer cette positivité ! Que ça soit beau ! Parce que la beauté, les bons côtés de la vie, c'est l'espoir. L'espoir de rendre les gens heureux, de leur donner le sourire, de nouveau converser ensemble, d'aller vers l'autre... On sait que tout cela est très difficile. Beaucoup de gens ne veulent pas ça et sont là pour détruire, mais ils sont moins nombreux que ceux qui veulent être positifs. Silvertrain est positif. Même si on parle de choses très délicates et lourdes, il faut montrer que l'on est positifs, que l'on donne des solutions. On dénonce, mais ça ne veut pas dire que l'on doit être Thrash ou Death".

L'album se poursuit avec le morceau le plus long... "Et encore on l'a raccourci. Il faisait huit minutes au début. C'est le rythme du titre qui fait qu'il ne fasse plus que cinq minutes. "Metempsychosis" est un état de la société. C'est un peu comme je te disais : "les gens voient tout noir, pas beau, tout moche. On te montre que le mauvais côté des choses, que des guerres, des avions qui s'écrasent, vraiment c'est tout mauvais. Ça parle de ça. Il ne faut pas croire que tout est mauvais dans la vie, il y a de très belles choses et il faut y croire. Il faut que l'on se donne la main pour voir ces belles choses, et que l'on arrive à s'écouter, à être heureux ensemble. On tend la main vers l'autre. Et maintenant avec la toile, avec Facebook, il y a de belles choses. Tu peux échanger. Alors bien sûr, il y a de très mauvaises choses mais "Metempsychosis" c'est ça : il ne faut pas croire que tout est mauvais. C'est un morceau très lourd, et en public ça paie bien ça !".

Et il est vrai que ce morceau est lourd. La rythmique se fait pesante, les riffs sont bien gras et le tempo plombant. Les musiciens ont l'art de pouvoir changer d'ambiance tout en suscitant l'intérêt de l'auditeur. Il faut dire que ça joue grave sévère ! La voix de Phil se marie parfaitement à cette lourdeur. Le refrain se veut plus mélodique, bien que la rythmique y soit plus mordante. Le morceau subit une accélération avant que les soli diaboliques de Mathieu ne nous assaillent.

Après toute cette lourdeur "Fly towards the stars" attaque dans un registre Heavy Speed Mélodique du meilleur aloi. Le refrain fédérateur est superbe et les musiciens prouvent qu'ils sont à l'aise malgré les changements de registres musicaux. A préciser que Mike Lepond est une nouvelle fois de la partie. "Fly towards the stars" est l'une de mes chansons préférées. Elle parle d'une personne dont on a décelé une maladie incurable. Elle sait qu'elle va mourir et son seul délire est de montrer aux gens et de dire à la planète qu'elle veut vivre ailleurs. On la met dans une fusée et elle part, sachant qu'il n'y aura pas de retour. Elle traverse le système solaire, les nébuleuses, voyant d'autres systèmes solaires. Elle sait qu'un jour elle va mourir, mais en attendant elle envoie toutes les informations de ce qu'elle voit. C'est un message d'espoir vraiment important ! C'est aussi un clin d'œil à Chris, il est parti..." (La douleur et la tristesse sont toujours là, l'émotion est forte et Phil a du mal à continuer)... "Tu vois c'est ça, c'est un mec qui est malade, qui va mourir et qui part, mais il a la force de dire "les gars, je vais vous raconter tout ce que je vois".

Le morceau suivant est un très bon Heavy aux riffs acérés. Le headbanging est de circonstance, tant on se laisse transporter par le tempo. La partie "scandée" par Phil est idéale pour la scène. Un titre qui sera surement un grand moment de la set-list de Silvertrain. "Agony" est plus terre à terre. Des résidences se montent sur tout le territoire français, de petits immeubles sympas. Les gens achètent ces appartements, ils sont contents, ils sont chez eux. Puis un jour une famille arrive dans ces résidences-là, avec une culture différente. Elle s'implante, puis il y a le cousin, la cousine, le frère, etc, etc... En fin de compte, au bout d'un moment les gens qui ont achetés se cassent car ce n'est pas la même culture. Et puis il y a une autre culture qui vient et ça devient un ghetto. Des zones comme il y en a de plus en plus en France. C'est le choc des cultures, l'immigration... J'ai voulu parler de ça car j'ai connu ça. Mon papa est d'origine basque, Bayonnais, ma maman est d'origine alsacienne, et leurs parents, ils sont partis vivre en Algérie à l'époque des colonies. Ils sont revenus en 1962 comme tous les pieds-noirs de l'époque. J'étais tout petit, j'avais sept ans. On a vus, par exemple à Perpignan, qu'il y avait ces petites résidences qui donnaient la possibilité à des gens qui n'avaient pas beaucoup d'argent d'acheter leur maison. C'était vachement important, c'est De-Gaulle qui avait instauré ça. Tu avais la possibilité d'acheter et du temps pour rembourser. Mais à un moment donné des communautés musulmanes se sont mises là-dedans et les rapatriés sont partis ailleurs. Puis il y a deux, trois familles qui sont venues. Maintenant ce sont des ghettos. J'ai habité Marseille pendant quatre ans, donc je sais de quoi je parle. C'est cette situation-là que je voulais un peu montrer. Et là où il y avait de beaux parcs, de belles pelouses, des immeubles nickels, des pots de fleurs aux fenêtres... et bien maintenant c'est remplacé... par de la merde quoi ! L'agonie, la mort lente à petit feu".

On poursuit avec une grosse surprise : la première chanson chantée dans la langue de Molière par Silvertrain : "On rentre en studio, on avait neuf titres et Fred dit à un moment donné : "Ce que je vous conseille, c'est de faire un morceau en Français, parce que vous êtes Français. Si vous faites un morceau en Français, il y a peut-être des agents, des prog de tournées qui seront sensibles car vous chantez en Français". "En fin de compte, tu veux une carte de visite ?". "Oui c'est ça ! Je vous donne trois jours et vous me balancez un texte en Français"... Je te raconte pas... on en a chié comme c'est pas permis ! Avec Mat on s'est mis en immersion totale à l'hôtel pendant trois jours, et on griffonnait, griffonnait du papier, des tonnes de papier. Puis on a pondu ça ! Dans l'idée d'avoir notre carte de visite en Français".

Passée la première surprise d'entendre Phil chanter dans sa langue originelle (on est tellement habitués à son timbre dans la langue de Shakespeare !!!), le résultat est bluffant, avec un refrain marquant qui fera un malheur en live, malgré un sujet grave et d'actualité : "La petite histoire parle des attentats de Novembre et du Bataclan. A l'époque, on produisait un festival en Alsace. On gagnait des sous pour s'acheter du matos, etc. Fred Chapelier est venu nous voir jouer. Il avait treize ans et il est tombé amoureux de ma voix. Pourquoi ? Je ne sais pas ! C'est devenu mon pote et c'est toujours mon ami aujourd'hui quarante ans après ! Il était super content quand je lui est proposé, tout comme Mike, de jouer sur l'album. Et ça le fait, car c'est un grand professionnel. Puis il y a sa griffe, son solo de Lead guitare, sa marque... et ça le fait bien je trouve !".

L'apport de Fred Chapelier fait encore plus ressortir la chanson du lot. Il est un excellent guitariste et ses parties de soliste en sont un bel exemple. Vous sortez de cette chanson et vous vous surprenez à chanter encore "Pacte de sang, larmes de sang...".

La fin de l'album se dessine déjà : "Avec "Redemption" on finit par la note positive. On voit que tout se casse la gueule autour de nous. Du moins, on nous dit que tout se casse la gueule, mais il faut toujours avoir l'espoir qu'il y a des gens de bonne volonté qui vont se retrousser les manches et qu'il va y avoir une personne qui va naître sur cette putain de planète et rassembler plein de gens autour. Ça s'est passé dans toutes les périodes depuis que l'homme existe. De grands hommes ont généré des choses magnifiques, d'autres des choses incroyablement négatives, néfastes, funestes... Je parle des dictateurs, des guerres mondiales... Mais il va y avoir un homme, il faut y croire, qui va arriver et nous montrer la voie. Un Martin Luther King, un Ghandi... des gens qui vont fédérer autour d'eux et qui vont y arriver ! C'est de finir l'album par une note super positive, de croire que l'on n'est pas dans un monde aussi négatif qu'on veut bien nous le faire croire !!!".

Avec "Redemption" on reste dans un registre Hard/Heavy efficace, alternant passage plus posé et riffs bien agressifs. On comprend mieux à son écoute, l'apport de Fred sur le travail de Phil. Son chant est tout simplement superbe ! C'est le troisième morceau sur lequel intervient Mike Lepond. C'est avec une accélération tous riffs dehors que se conclut cet album, et quel Album !

Vous l'aurez compris, tout comme Mass Hysteria, le maître-mot de Phil Yborra c'est d'être Positif !!! Et il peut l'être avec ce nouvel album qui est une vrai réussite ! Avec cet opus Silvertrain à la Classe Internationale !

"Walls of insanity" est un album varié plutôt teinté Heavy, n'hésitant pas à lorgner vers le Speed, sur lequel le maître mot est la mélodie. A l'heure ou vous lirez ces lignes, la version vinyle devrait être disponible. Le groupe la considère comme "Une cerise sur le gâteau. C'est comme à Noël sur le sapin. Si tu ne mets pas une belle étoile, ça le fait pas ! Pour finaliser tout notre travail, la prod', la cover, la communication, etc... il fallait finaliser par un bel objet qui est le vinyle. Un objet avec la même photo, la même cover mais c'est un vinyle qui va s'ouvrir, comme le premier album. On reprend la même physionomie que "Which platform please ?".

Donc à vous de faire votre choix, mais il serait vraiment dommage de passer à côté de cet album. Pour une fois, les éloges sont unanimes et méritées, "Walls of insanity" est d'ores et déjà un album indispensable !!! Avec un disque de cet acabit on voit mal le train dérailler. La carrière de Silvertrain s'annonce sous les meilleurs auspices. En espérant pouvoir enfin voir le groupe sur scène, je retourne à l'écoute de ce "Walls of insanity".

Chronique par Dom Baillon
Juin 2016


01 - Rock or burn (3:14)
02 - Lorelei (3:21)
03 - Raptor's mind (3:45)
04 - Walls of insanity (guest Mike Lepond on bass) (3:33)
05 - Burning land (3:49)
06 - Metempsychosis (5:04)
07 - Fly towards the stars (guest Mike Lepond on bass) (4:23)
08 - Agony (3:55)
09 - Pacte de sang (guest Fred Chapellier on lead guitar) (4:29)
10 - Redemption (guest Mike Lepond on bass) (4:52)

Musiciens : Philippe Yborra (Chant), Mathieu Colin (Guitare), Patrick Gaudron (Basse), Romaric Rzucidlo (Batterie)




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