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AKROMA
"La Cène"
2014
(Fantai'Zic)


Discographie

Sept (2009)
Seth (2009)
La cène (2014)
Apocalypse (Requiem) (2017)


Cinq années se sont écoulées depuis la sortie de "Seth" en 2009, le dernier méfait discographique des black métalleux lorrains de AkromA.

Mais comme à son habitude, le groupe n’a pas écrit un album à la va-vite et a choisi de proposer et de composer un projet ambitieux autour d’un concept précis.

Ainsi, après les 7 péchés capitaux et les 10 plaies d’Egypte, la numérotation continue d’aller crescendo puisque le concept s’appuie cette fois-ci sur la cène, le dernier repas du Christ avec ses 12 apôtres, qui donneront chacun lieu à un titre de l’album.

12 titres, 12 apôtres et 12 chanteurs, tel est le pari fou osé par Mathieu Morand et ses acolytes.

Ainsi retrouve t'on aux vocalises des gens connus du giron du label fantai’zic tels que Laurent Grisonna (Deficiency) ou encore Frank Laprévotte (La Horde) mais aussi des valeurs reconnues du métal extrême français avec en guest star S.A.S. de l’Argilière (Misanthrope).

L’histoire retrace le parcours sanglant de Damien, un tueur en série désireux de venger sa génitrice durement violentée jadis par les membres d’une secte.

Ce tueur est joué par Alain "Bob" Germonville, le chanteur à la voix stridente (il me rappelle parfois Patrice Le Calvez l’ex Killers... en plus extrême cependant) qui porte sur ses épaules toute la responsabilité du rôle principal.

C’est en effet lui qui constitue le point commun et donc le lien entre les divers morceaux et permet de dérouler le macabre et brutal scénario aider en cela par les apparitions de la chanteuse lyrique Laura Kimpe.

Et si cette dernière apporte une certaine douceur vocale à la musique, elle n’en demeure pas moins la conscience maléfique, froide et déterminée de Damien, qu’elle sait rappeler à sa mission sanglante lors des moments de doutes.

"Rôle principal", "Scénario", "Joué"... tout un vocabulaire propre au cinéma mais qui se révèle totalement justifié, tant le déroulement de l’histoire permet de s’imaginer un film et ce, d’autant plus que les références au septième art sont flagrantes.

On pense en particulier au film "Seven" et à son tueur psychopathe qui mène son entreprise assassine de manière méthodique et on a même droit à un petit clin d’œil à "Star wars" dans le dénouement final.

Et la musique dans tout ça me direz vous ? Et bien elle se met au diapason pour subjuguer les ambiances (tour à tour glauques, macabres, gores, violentes) et les sentiments complexes et tourmentés du tueur (la folie, le doute, la haine, la soif de vengeance mais aussi l’amour).

Ainsi, limiter le style de AkromA exclusivement à du Black Metal se révèle de fait plus que réducteur, car on trouve aussi sur ce disque du Death Metal, du Thrash, du Heavy symphonique, du Gothique donnant parfois même un côté progressif .

Autant de moyens qui permettent de donner du relief au déroulé du scénario et qui prouve l’énorme travail de composition effectué par le groupe, avec une citation pour Mathieu Morand dont le travail au niveau musical et plus particulièrement pour ce qui est des orchestrations s’avère de toute beauté.

Cet aspect cinématographique assure du coup à "La cène" une unité qui permet difficilement à l’auditeur d’isoler un morceau plus qu’un autre, car une fois que vous êtes plongé dans le scénario, la musique devient presque secondaire et seule la suite vous intéresse, rendant dores et déjà la piste suivante meilleure.

Bien sûr, on pourra toujours apprécier "Jacques" pour son côté symphonique et son remarquable travail d’orchestration, "Barthélémy" pour le côté éthéré, son intro au violoncelle et son style gothique, "Jude" pour son refrain ou encore "Philippe" pour le travail époustouflant de Thomas Das Neves à la batterie... mais jamais jusqu’au dénouement on ne parvient à se détourner du fil conducteur : l’histoire.

Enfin, je ne pourrai refermer cette chronique sans vous parler du livret fourni avec le CD, car celui-ci se révèle indispensable pour pouvoir suivre l’histoire et comprendre les paroles des chansons tant cela peut se révéler ardu du fait des voix extrêmes.

Mais au-delà de ce rôle basique, il faut signaler la qualité artistique des graphismes créés par Flow du chromatium en totale harmonie avec le concept et qui apportent une véritable plus value et une raison supplémentaire d’acheter cette galette.

C’est un véritable long métrage en musique dont a accouché AkromA avec son troisième opus. Une œuvre où le scénario s’avère au moins aussi important, si ce n’est plus, que la musique elle-même et ce malgré des qualités évidentes.

Et c’est probablement cet attrait pour l’histoire qui fait qu’un auditeur comme moi, peu enclin à écouter du métal extrême, a pu écouter d’une traite une musique aussi dense et sombre.

J’ai longtemps hésité avant d’accepter de chroniquer "La cène" et c’est vraiment l’ambition du projet qui a fini par me convaincre de me plonger dans l’univers morbide de cet album.

Et j’avoue ne pas avoir regretté cette incursion dans le monde du métal extrême car je pense que les lorrains ont clairement donné naissance à une œuvre aboutie, qui pourrait faire référence dans le monde du métal extrême hexagonal, voire même du métal tout court.

Chronique par Lolo36
Avril 2014


01 - Pierre (7:59)
02 - Thomas (6:49)
03 - Jacques (6:15)
04 - Barthélémy (5:23)
05 - Matthieu (5:16)
06 - Jude (6:10)
07 - Simon (6:40)
08 - André (5:52)
09 - Jean (4:53)
10 - Philippe (5:19)
11 - Jacques, fils d'Alphée (6:12)
12 - Judas (7:26)

Musiciens : Alain "Bob Germonville (Paroles, Concept & Chant), Matthieu Morand (Musique, Concept, Guitares, Orchestrations), Laura Kimpe (Chant), Pierre-Yves Martin (Basse), Thomas Das Neves (Batterie)




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