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AKROMA
"Apocalypse (Requiem)"
2017
(Fantai'Zic)


Discographie

Sept (2009)
Seth (2009)
La cène (2014)
Apocalypse (Requiem) (2017)


Trois ans après "La cène", AKROMA est de retour avec un nouvel album intitulé "Apocalypse (Requiem)" qui en appelle une nouvelle fois à des références bibliques et en l’occurrence à l’apocalypse selon Saint-Jean.

Hors de question pour moi de vous parler du concept, il vous faudra pour cela vous plonger dans les paroles de l’album qui sont présentes dans le livret.

Plongeons nous plutôt dans la musique et dans "Kyrie", le morceau d’ouverture qui débute pied au plancher avec une batterie gargantuesque et un riff typiquement black métal qui s’immisce bien vite dans votre mémoire.

Alain "Bob" Germenonville entre alors en scène (en cène ?) avec un hurlement suraigu totalement inhumain, qui ne semble jamais vouloir s’arrêter, avant de passer sans crier gare à des vocaux gutturaux typiquement death metal qui vous plongent dans des abysses de souffrance.

Un peu comme si Dany Filth (Cradle of filth) chantait, ou plutôt hurlait, en duo avec John Tardy (Obituary). Un contraste saisissant dans les voix extrêmes aussitôt contrebalancé par la magnifique voix lyrique de Laura Kimpe.

A présent intégrée au line up du groupe, la chanteuse intervient en latin sur chaque titre de l’album, donnant un côté liturgique qui renforce la référence à la religion.

Alain reprend la main et se prend pour Gollum (le seigneur des anneaux pour les incultes) sur un passage plus atmosphérique interprété au piano par Shuguang Li (qui a ravi mes oreilles sur le dernier Elvaron) et vient rappeler à ceux qui l’auraient oublié que AKROMA fait du black death… symphonique !

Piano, cordes, cuivres... tous les éléments d’un orchestre sont ici présents et parfaitement mis en valeur dans le mix, signe d’une production irréprochable signée Mathieu Morand qui participe lui aussi à ce melting pot musical.

En effet, le guitariste passe avec bonheur du black metal, au death en passant par le thrash avec des plans que ne renieraient pas Metallica.

Vous l’aurez compris, dès ce premier titre, AKROMA annonce la donne. Sa musique est faite de contrastes, tant instrumentalement que vocalement et chacun des six morceaux de l’album est basé sur ce postulat.

Mais rassurez vous, les nancéiens évitent avec brio la redite et savent faire preuve de suffisamment de diversité pour ne pas nous resservir à chaque fois la même chanson.

Les orchestrations offrent à elles seules une richesse salvatrice à chaque morceau et contribuent clairement à la diversification du propos.

Ce sont par exemple des cuivres très wagnériens qui apportent un côté martial tout à fait somptueux à "Sanctus" ou encore un orgue d’église qui vous entraîne dans une messe malsaine sur "Offertorium".

Et que dire des instrumentations de "Paradisium" qui vous plongent dans une ambiance qui rappelle à la fois la fête foraine et le cirque, mais où vous n’oseriez certainement pas emmener les enfants tant l’atmosphère semble glauque.

Comment ne pas citer aussi le remarquable travail réalisé sur les voix, les chœurs grégoriens, la voix lyrique de Laura ou les diverses intonations d’Alain (qui prend parfois des accents à la Patrice Le Calvez, le premier chanteur de Killers, en particulier sur "Paradisium") qui offrent une palette très étendue que le duo de compositeurs utilise fort à propos.

Mais n’oublions pas l’essentiel. Il s’agit bel et bien de métal dont nous parlons et AKROMA n’hésite pas à distiller ici et là des influences qui vous rappelleront de glorieux anciens.

Je vous parlais de Metallica sur "Kyrie", mais je pourrais aussi citer Iron Maiden au détour du solo de "Lux Aeterna", Paradise Lost sur les parties les plus death doom du bien nommé "Paradisium" ou encore des influences plus progressives telles que Dream Theater ou le "Ocean machine" de devin Townsend sur l’excellent "Offertorium".

Enfin, puisque l’on parle de metal, comment ne pas citer la présence derrière les fûts de l’immense Dirk Verbeuren (Megadeth, ex Scarve, ex Soilwork) qui vous régale les ouïes tout au long de l’album.

Blast beats, jeux de cymbales, lourdeur de la frappe, roulements vertigineux… Tout l’arsenal du batteur est maîtrisé à la perfection pour répondre aux innombrables changements de rythmes des compositions et fait indubitablement du belge le monsieur Plus de l’album.

Vous l’aurez aisément compris, AKROMA nous propose avec ce 4ème album une palette très élargie de plaisirs et mérite assurément que l’on accole l’étiquette "métal progressif" à toutes celles déjà citées.

Les nancéens ne nous offrent pas un vulgaire produit de consommation à écouter 3 fois puis à ranger dans sa CDthèque aussitôt déballé. Bien au contraire, chaque écoute apporte de nouveaux détails, de nouvelles émotions et il s’avère indispensable de découvrir cet album au casque tant la richesse des arrangements est grande.

Une nouvelle fois, AKROMA frappe un grand coup avec ce magnifique requiem de l’apocalypse et comme le disait si bien Marc Féry de Blasphème en 1983 : "
un jour l’enfer devient paradis, terre promise"… à méditer à l’écoute de ce CD.

Chronique par Lolo36
Juin 2017


01 - Kyrie (6:23)
02 - Offertorium (8:02)
03 - Sanctus (5:39)
04 - Agnus dei (6:19)
05 - Lux aeterna (6:53)
06 - In paradisum (7:43)

Musiciens : Alain "Bob" Germonville (Chant), Matthieu Morand (Guitares, Claviers, Orchestrations), Laura Kimpe (Chant Latin), Pierre-Yves Martin (Basse), Dick Verbeuren (Batterie)




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