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SALHEM
"La fin d'un monde"
2016
(Brennus)


Discographie

Salem MCD (2003)
Connexion animale (2007)
La fin d'un monde (2016)


Les Bressans de SALHEM existent depuis le début des années 2000, mais ont plutôt été avares en sortie d'enregistrements sonores. Un premier mini CD de quatre titres en 2003 sous leur ancien nom SALEM, puis un premier album "Connexion animale" en 2007 chez Brennus Music. Le groupe est alors constitué de Thierry Collet (Chant), Stéphane Terris (Guitares), Patrick Fargeot (Claviers/Chœurs), Philippe Bereziat (Basse/Chœurs) et Thierry Chossat (Batterie).

C'est le même line up que l'on retrouve neuf ans plus tard à la tête du nouvel album. On peut dire que les musiciens ont pris leur temps pour passer le palier du deuxième album.

Choisissant une nouvelle fois l'autoproduction, le quintet enregistre le nouvel opus au "Recordid Studio" avec Olivier Didillon, et au Studio "Les Fils de Cra" avec Stéphane Terris. Oliver Didillon s'occupe du mastering et du mixage.

"La fin d'un monde" sort en Septembre 2016 sous forme de digipack, toujours chez Brennus Music. Confortant le côté autoproduction de l'objet, c'est Stéphane Terris qui signe l'artwork de l'album. Très représentatif de son titre, sa photographie représente un vieil écran d'ordinateur donnant sur une décharge. Le logo du groupe, signé Eric Cantin et Frédéric Volt trône en son centre. Le titre de l'album est inscrit au bas de la carcasse de l'écran.

"La fin d'un monde" que l'on devine comme celle de la fin du vingtième siècle. Les quelques photos figurant dans le livret, illustrant la retranscription des textes des chansons, nous conforte dans cette idée. On y retrouve pêle-mêle, un vieux téléviseur, des pièces en francs, une cassette audio, le célèbre et regretté présentateur de journaux télévisé Yves Mouroussi, etc..

Musicalement on retrouve onze nouveaux titres signés SALHEM, œuvrant dans un Heavy Rock Metal que les Bressans ont su personnaliser, donnant un côté plutôt moderne et recréant leur propre vision du French Heavy Métal auquel ils ont été bercés dans les années 80, ici chanté dans la langue de Molière. On retrouve le côté sombre de leur précédent opus, renforcé par un son et une production efficace.

"Je me donne" ouvre les hostilités avec un solo de guitare sur une puissante nappe rythmique. La voix reconnaissable de Thierry lance les couplets sur une basse vrombissante, les claviers et les riffs renforçant le refrain fédérateur addictif à souhaits grâce à l'ajout de chœurs judicieux. Philippe met une nouvelle fois sa quatre cordes à l'honneur lors d'un passage plus sombre sur lequel un travail est fait sur la voix. Le son l'y aide aussi. Puis les claviers s'expriment, apportant de la mélodie à ces riffs bien lourds. On conclut sur le refrain répété jusqu'à sa conclusion, la batterie puissante martelée par Thierry appuyant brillamment le propos.

En quatre minutes chrono on est embarqués dans l'univers de SALHEM, et il est clair que ce n'est pas celui des Bisounours !!! On poursuit avec "Rumeurs" dans le même registre. Les claviers y donnent toujours ce côté sombre et obsessionnel. Le refrain plus mélodique est une bonne surprise, car il nous permet de retrouver la voix de Fabienne Shine du groupe SHAKIN' STREET, venue ici chanter en guest et, chose à souligner car assez inhabituel chez elle, en Français. Elle poursuit en duo avec Thierry sur le couplet suivant avant de ré-attaquer sur le refrain. Perso je suis conquis. Fabienne commence avec sa voix claire pour la durcir au fur à mesure de la puissance des mots, avec un côté jouissif et agressif sur "
ils vont bien finir par se taire" !

Chez SALHEM on privilégie les ambiances aux solos de guitares. Ainsi Stéphane nous assène des riffs biens mordants, le genre qui actionne le mécanisme de nos nuques, renforcé par la rythmique de Thierry et Philippe. Patrick se charge de l'ambiance alors que des voix parlées "volent" autour de nous, illustrant les "Rumeurs" de la chanson.

On est dans le registre de l'efficacité avec des morceaux avoisinant les quatre minutes. Les Bressans ont gagné en agressivité avec un côté plus mordant qui éclabousse littéralement nos oreilles tout au long de ce nouvel opus.

"Au delà" ne déroge pas à la règle malgré sa partie calme toute en ambiance, montant crescendo sur l'attractivité des tempos pour embarquer l'auditeur. On retrouve cette ambivalence entre agressivité et mélodie entre la musique et le chant de Thierry. La voix de ce dernier est plutôt surprenante, et on ne l'attend pas dans un registre Metal. Certains risquent d'en être gênés et de ne pas adhérer. Et ce serait dommage de passer à côté de l'univers de SALHEM aux textes plutôt bien écrits !

Cette ambivalence chaud/chant - froid/musique se retrouve sur "Obsession", qui dénonce le besoin de posséder les nouvelles technologies : "
Tu n'as pas le dernier portable. Tu es pour moi indésirable". J'adore vraiment le son de la basse de Philippe, notamment sur le passage où la voix susurre voyant les riffs bien marqués remplacer le chant jusqu'à la conclusion du morceau.

Le tempo s'accélère légèrement tout en restant lourd pour dénoncer la malbouffe sur "Toxic". Les riffs addictifs sont au rendez-vous. Côté texte, nous ne pouvons que saluer une nouvelle fois la qualité d'écriture de Thierry. Ces clins d'œil sont aussi efficaces que bien vu : "
Dans le grand cirque alimentaire un clown est roi et il prospère. Et au pays de la bonne chaire ce sont nos valeurs que l'on enterre". Saluons ici le solo de guitare de Stéphane, trop rare dans la musique de SALHEM et à l'écoute de la qualité d'exécution de celui-ci c'est bien dommage !

Cela n'empêche pas à la musique des Bressans d'avoir un côté addictif prononcé, à l'image de "Le meilleur ou le pire", qui a le potentiel d'un hit ! Le refrain est efficace et fédérateur. Les riffs et la rythmique sont entraînants. Sa partie centrale, toute en ambiance sur un calme trompeur qui repart sur les refrains. Placé en milieu d'album, ce titre me donne l'impression que SALHEM monte crescendo qualitativement au gré de la découverte de ses chansons.

On continue avec un côté bien lourd pour "Donnez-Prenez" sur lequel on retrouve de belles parties de basse (Je vous ai déjà dit que j'adorais ce son !) et des riffs biens marqués ! Le refrain devrait faire sensation en live et être vite repris par les spectateurs ! Toujours un énorme travail, constant tout au long de l'album sur les ambiances, les voix et le son.

C'est la mélodie d'une boite à musique qui ouvre "Les anges pleurent". Un côté vintage, tout en douceur, qui contrebalance avec la dureté du morceau. Un titre très heavy, ponctuant la beauté du texte, qui aurait mérité d'être mis plus en valeur. En effet, l'énorme travail fait sur les ambiances et sur la musique, nuit à mon avis sur l'impact des mots de ce titre. Un côté dommageable surement juste personnel !

"Ici ou ailleurs" poursuit, restant dans le même registre. Toujours ce gros travail sur les ambiances, ponctuées de riffs bien lourds. A signaler la diffusion d'un extrait du discours "
I have a dream..." de Martin Luther King. On retrouve aussi ce son de basse que j'affectionne tout particulièrement depuis que j'ai appuyé sur "play".

L'accroche de "Chacun son heure" a un côté orgue de barbarie. Un titre plutôt Rock avec des envolées métal, dénonçant une certaine presse. Des passages calmes alternent avec d'autres bien sentis. Un bon solo de guitare, et Patrick et son clavier concluent le propos decrescendo.

L'album se termine sur le plutôt réussi "Pile ou face". Un titre entraînant lancé par des respirations bien marquées. Le solo de guitare est signé Chris Holmes, que l'on ne présente plus et qui officie dans ce qu'il fait de mieux !

Avec "La fin d'un monde", SALHEM nous propose son deuxième album neuf ans après le premier ! Un disque plus mature dévoilant un groupe à l'identité marquée et personnelle. Leur univers musical se classe dans un Heavy Rock Métal plutôt sombre. Tout le monde n'adhérera pas, la voix de Thierry étant plutôt éloignée du stéréotype Métal du genre, mais c'est un des plus qui donne son identité à l'univers de SALHEM.

Ceux qui n'ont pas apprécié "Connexion animale" ne changeront surement pas d'avis avec cette nouvelle offrande. Pour les autres, le plaisir sera amplifié par un son rendant enfin honneur à leur musique. SALHEM est d'ores et déjà à part dans le paysage Métal Français, mais c'est ce qui en fait sa richesse et son plaisir musical.

Si vous êtes toujours affamés de nouvelles découvertes, foncez découvrir SALHEM avec "La fin d'un monde", en espérant ne pas devoir attendre encore aussi longtemps avant la prochaine offrande !

Chronique par Dom Baillon
Décembre 2016


01 - Je me donne (4:00)
02 - Rumeurs (4:20)
03 - Au delà (3:25)
04 - Obsession (3:50)
05 - Toxic (4:30)
06 - Le meilleur ou le pire (3:24)
07 - Donnez - Prenez (3:52)
08 - Les anges pleurent (4:15)
09 - Ici ou ailleurs (3:42)
10 - Chacun son heure (4:00)
11 - Pile ou face (3:38)

Musiciens : Thierry Collet (Chant), Stéphane Terris (Guitare), Patrick Fargeot (Claviers, Chœurs), Philippe Bereziat ( Basse/Chœurs) , Thierry Chossat (Batterie)



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