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ZOE
"Back into the light"
2020
(LX/Brennus)


Discographie

Make it burning (2006)
Dirty little sister (2010)
Raise the veil (2014)
Back into the light (2020)


Bon, je me dois de l'avouer, je ne connaissais ZOÉ ni d'Ève ni d'Adam avant de recevoir ce "Back into the light" pour rédiger sa chronique.

Et puisque Ève est évoquée, nous sommes ici servis avec une bien jolie pochette qui fera assurément le bonheur des acquéreurs de la version vinyle.

Mais si la généreuse poitrine du modèle se révèle fort agréable, il convient aussi de souligner le côté artistique de cet artwork en clair-obscur qui s'avère en totale adéquation avec le titre du disque.

Une première réussite donc, qui ne manquera probablement pas de faire parler, mais ce qui nous intéresse ici c'est bel et bien le contenu que je vais tenter de vous décrire avec mon regard (ou plutôt mes oreilles) novice(s).

Le quatuor nordiste est estampillé Stoner Rock et le titletrack "Back into the light" qui ouvre l'album confirme cette tendance avec ses guitares graves et fuzzy, héritées des glorieux pionniers des 70's et en particulier d'un certain Tony Iommi qu'on ne présente plus.

Le propos musical, groovy et épais, rappelle celui des derniers albums des normands de Headcharger, voire les premiers Bukowski tandis qu'à l'international je me permettrais de citer, toutes proportions gardées, les brillants américains de Clutch qui maîtrisent le groove comme personne.

Une autre influence flagrante est à mon sens celle de Motörhead et je ne pense pas faire erreur en affirmant que les 4 nordistes ont du être biberonnés à la tête de moteur.

Comment ne pas penser au power trio britannique à l'écoute du riff qui va tourner en boucle tout au long de "Down in hole" ou encore de brûlots tels que le magnifique "Go like a bomb" au potentiel radiophonique évident ?

Quid de l'intro du conclusif "Cut class" que Lemmy aurait clairement pu jouer de sa basse sursaturée et comment ne pas penser au célèbre bassiste sur cet hommage à peine voilé sur l'excellent "Band of brothers" où Fred durcit sa voix à la Kilminster ?

A l'instar d'un Motörhead, on notera aussi certains défauts tels que des airs de déjà entendu, en particulier sur les intros des morceaux qui sont quasiment toutes jouées avec la même technique de riff sur une corde.

Mais pas de panique, car ce grief est très largement compensé par de nombreux points positifs, à commencer par la qualité des refrains qui possèdent tous une belle accroche, signe que la mélodie tient une place non négligeable chez ZOÉ lors du travail de composition.

Ceux-ci sont en plus mis en lumière par la voix chaude et plutôt aiguë de Fred, qui se révèle excellente et originale pour le style, en créant un vrai beau contraste avec le climat globalement sombre de la musique.

Autre point de satisfaction de ce disque, la faculté du groupe à varier les tempi, parfois au sein d'un même morceau comme sur l'excellent titre de clôture "Cut class" qui devrait assurément faire des ravages sur scène.

Le summum est atteint avec le pachydermique "Wild wild city", marqué par les coups de boutoirs de la basse de Clément, qui possède un côté presque Doom avec une ambiance pesante quasi Grunge telle que savaient en distiller les joyeux lurons de Alice In Chains.

Une couleur Grunge que l'on retrouve d'ailleurs sur le lancinant "Band of brothers", mais aussi sur un "In praise of laziness" crasseux, qui tire vers le Garage Rock avec un solo à la limite de la dissonance et même un Fred obligé de salir sa voix pour coller au propos.

Enfin, il convient de signaler la qualité des arrangements qui parfois ne se révèlent qu'au bout de plusieurs écoutes.

Sur le single "Voices" ce sont des soli aériens et le jeu de cymbales de Holy qui accrochent votre oreille alors que sur "Down in a hole" c'est un discret piano qui vient ajouter une nouvelle couleur sonore.

Le déjà très bon "Go like a bomb" est enjolivé par une guitare slide du plus bel effet alors que les chœurs féminins (ou enfantins ?) de "Cut class" permettent de conclure l'opus en beauté.

Il convient aussi de souligner le travail de Fred et d'Aldo aux guitares comme par exemple sur un "White trash" où l'utilisation des arpèges vient apporter une respiration tout à fait appréciable.

Enfin, que dire du rampant "By your side" avec ses guitares tantôt lourdes, tantôt aériennes, ses couplets portés par une section rythmique énorme (avec un Clément au groove contagieux à la basse) et surtout un refrain hyper catchy ?

Et bien rien ! Si ce n'est que s'il ne devait en rester qu'un, ce serait assurément celui-ci en ce qui me concerne.

Vous l'aurez compris, ZOÉ nous propose avec ce "Back into the light" un très bon album de Stoner Rock avec une évidente patine Hard Rock'n'Roll estampillée 70's tout en n'hésitant pas, de temps à autres, à s'aventurer vers des contrées aux accents Grunge.

Si on peut déplorer un côté quelque peu répétitif, force est de constater que la qualité des compositions permet largement de s'affranchir de ce reproche avec des titres aux refrains accrocheurs, portés par le joli brin de voix de Fred.

Un chanteur qui offre, à l'image de la pochette, un joli contraste avec une musique globalement sombre constituant à mon sens une vraie marque de fabrique du groupe qui en fait ainsi un point fort.

Reste maintenant à espérer que le Covid 19 permettra aux nordistes de faire complètement leur retour vers la lumière et en particulier vers celle des projecteurs, sur une scène, car c'est clairement là que ce nouvel album devrait donner la pleine mesure de son potentiel.

Chronique par Lolo36
Novembre 2020


01 - Back into the light
02 - Voices
03 - Down in a hole
04 - In praise of Laziness
05 - Go like a bomb
06 - By your side
07 - White trash
08 - Wild wild city
09 - Band of brothers
10 - Cut class

Musiciens : Fred (Chant, Guitare), Aldo (Guitare), Clément (Basse), Holy (Batterie)




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