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Le samedi 18 Août 2007, Marc Varez, célèbre batteur de (feu) VULCAIN et BLACKSTONE, répond pour notre plus grand plaisir aux questions de Robin H.


Marc Varez, peux-tu te décrire en quelques mots ?

Je suis avant tout musicien. On me connaît comme batteur, mais je suis aussi compositeur, producteur et pédagogue. Je suis ouvert musicalement, ce qui me permet de travailler sur beaucoup de projets.


Comment as-tu intégré le groupe Vulcain ? Sais-tu de quelle façon il s'est formé ?
Vulcain s'est formé avec deux frères (Daniel et Vincent Puzio) et une bande de copains motards. Richard était le premier batteur, mais quand, poussé par une énergie magique le groupe est devenu plus sérieux, il a laissé sa place à Franck Vilatte, qui était meilleur que lui. Richard s'est tué en moto et Daniel lui rend d'ailleurs hommage en écrivant le titre «Richard» sur l'album Desperados. C'est sur cet album que j'interviens. Franck quitte le groupe. Je connaissais bien Pierre Guiraud, le chanteur de Satan Jokers, et il me dit que Vulcain auditionne des batteurs pour le prochain album. C'est urgent car les dates de studio sont déjà réservées à Genève. Je passe l'audition et me retrouve deux semaines plus tard en Suisse pour enregistrer Desperados. Je reste dans Vulcain pendant quinze ans.

Est-ce que le nom du groupe est emprunté à la mythologie ?
Oui, bien sûr et c'est le cousin de Didier Lohezic, le second guitariste de Vulcain, qui trouve le nom, en disant que cela correspond bien à l'énergie du groupe.

Quel est ta chanson préférée du groupe, et l'album que tu apprécies le plus ?
Je ne peux répondre… Chaque album a son histoire, ses bons et mauvais moments. Desperados me touche car c'est le début de l'aventure pour moi. J'aime bien Big Bang pour avoir passé un mois en Corse à se fendre sérieusement la tronche et Stoppe la Machine, car pour ce dernier album du groupe il y avait une super ambiance et les conditions étaient top avec de vraies prises live. Les deux live sont aussi de bons souvenirs et je dois dire que j'ai un faible pour Atomic Live, car j'adore Vulcain en trio. Pour les titres c'est pareil, il y en a trop pour faire un choix.

Quels sont ton meilleur et ton pire souvenir au sein de Vulcain ?
Le meilleur, c'est la fraternité qu'il y avait au sein du groupe et qui est sans doute le secret de notre longévité. Les pires, je les ai oubliés… C'est mon côté positif !

Participais-tu à la composition des morceaux ?
Surtout aux arrangements, car c'était un travail d'équipe. Daniel proposait un titre et nous le montions ensemble aux répétitions.

Penses-tu que certaines personnes ont influencé (en bien ou en mal) l'horizon musical de Vulcain ?
Je pense que notre producteur du début (Elie Bénali), nous a mal orienté sur Big Brothers. J'aime les compos de cet album mais pas la production qui est vraiment à chier. Ensuite Transition avec Franck Pilant aux guitares n'était peut-être pas le bon tournant à prendre. Avec le recul, je pense qu'il fallait se mettre tout de suite en trio et continuer un rock 'n' Roll pur et dur.

Vulcain était un des groupes les plus populaires de la scène hard/heavy française des années 80. Étiez-vous un modèle ou un rival pour les autres formations ?
Nous n'avons jamais prêté attention aux rivalités. Nous étions très copains avec Blasphème, Attentat Rock, Killers ou tout autre groupe prêt à faire la fête avec nous. Notre énergie, nous la gardions pour la musique, pas pour des petites guerres sans intérêt.

Quels souvenirs gardes-tu de la tournée avec le guitariste Alain Aimé ?
Magique ! Ce type est fou et je l'adore… Pour moi c'était une première de jouer de l'instrumental et avec Alain, je me suis vraiment éclaté. En plus, j'ai découvert un super bassiste en la personne de Jean Bisello et je crois, en toute modestie, que nous étions une excellente section rythmique.

Que penses-tu du groupe Ultimate, auquel tu as participé avec Jean Bisello, Alain Aimé et Christophe Hanotin ?
C'était prometteur, mais il n'y a pas eu de suite. Dommage… Les compos étaient biens, mais la production un peu trop «propre». Si le groupe avait continué, je pense que cela aurait évolué dans le bon sens.

Y a-t-il eu une tournée qui a suivi l'album Destiny ?
Malheureusement non… Le manque d'intérêt des labels a noyé le groupe. Encore dommage ! Mais c'est comme ça dans ce milieu et il faut continuer sans s'arrêter sur des déceptions.

Pourquoi as-tu participé à ces projets, alors que tu faisais toujours partie de Vulcain ? Comment les autres membres ont-ils appréhendé cela ?
Car j'aime la musique, les rencontres et les nouvelles aventures. Les membres de Vulcain étaient contents pour moi, du moment que je restais disponible.

Crois-tu que la France a toujours été une «exception» ? Si oui, peux-tu mettre cela en rapport avec la musique, et surtout le hard-rock ?
Non pas vraiment. C'est juste une question de culture. Il manque à la France et à d'autres pays, une ouverture d'esprit, des structures adaptées et des gens compétents. C'est beaucoup…

Quel regard portes-tu sur l'évolution des groupes français depuis les années 80 ? Quels sont ceux que tu apprécies/appréciais ?
Je pense que le niveau s'est amélioré et que certains groupes peuvent vraiment prétendre à une carrière internationale. Gojira le prouve ! J'aime bien Zull FX, qui fait preuve d'une véritable évolution. Mais il y a plein de bons groupes, trop peut-être… Les places sont chères dans ce métier, surtout avec la baisse des ventes de disques. J'aime beaucoup Blackstone par exemple…

Qu'est-ce qui t'a poussé à remasteriser plusieurs albums de Vulcain (Desperados, Big Brothers et Live Force) en 2004 ?
Le label XIIIbis avait presque toute notre discographie sous contrat et j'en avais assez que tout dorme dans un tiroir. Nous avions encore des dettes et maintenant nous sommes tranquilles. Vulcain a fini sa carrière en 2000 et c'était une façon d'accentuer le point final.

Comment se déroulent tes projets artistiques, dont Blackstone ? Peux-tu me parler de ton home-studio ?
Plein de gens m'ont fait confiance sur ce projet et sept ans après, je suis fière de constater que Blackstone existe vraiment. Le groupe est très soudé et nous gérons bien notre folie musicale. Tout est enregistré dans mon home studio «La Grange 69», et je suis libre en étant mon propre producteur. C'est un luxe dont j'ai conscience. J'enregistre plein d'autres groupes maintenant. Le projet de mon chanteur, Ian Kent & The Immigrants, mes potes de Vellocet et tous les groupes avec qui je sens un feeling humain et musical. Je passe du Hard Rock à la Country, du Rock au Blues et je m'éclate.

Penses-tu que certains fans nostalgiques viennent voir Blackstone uniquement pour le fait que tu ais participé à l'aventure Vulcain ?
Peut-être… Certains sont alors déçus de voir que je ne fais plus la même chose. Mais les plus ouverts sont heureux de constater que je suis toujours là et en pleine forme !

Pourquoi s'être séparés après la sortie de Stoppe La Machine ?
Pour plein de raisons. Nous avions fait notre temps et il faut savoir s'arrêter. Les labels n'étaient plus très motivés et peut-être que nous fatiguions aussi. Tu sais, dix-huit ans de carrière à se prendre des coups plein la gueule c'est épuisant… Car si nous avions un grand succès d'estime, le succès commercial n'a jamais existé. Et même si la musique reste le plus important, il faut qu'un jour cela paye pour pouvoir continuer.
 
Avec le recul, que penses-tu de toute ta carrière musicale jusqu'à aujourd'hui ?
Je suis fier de tout ce que j'ai fait et je ne regrette rien. Je me rappelle mes rêves de gosses et j'en ai réalisé plus d'un, alors je suis heureux et c'est le principal. Dans le milieu mon nom est reconnu. Je suis apprécié par beaucoup et je continue de travailler en vivant ma passion.

Penses-tu qu'une reformation de Vulcain serait raisonnable ?
Non ! Et totalement inutile. Je regarde devant et je ne vis pas sur mon passé et c'est d'ailleurs pour cela que je suis encore vivant. A l'occasion d'une soirée, pour le fun, je suis prêt à tout, mais relancer la carrière d'un groupe mort, certainement pas.

Crois-tu que c'est mauvais de se raccrocher à son passé et que, plutôt que de rappeler la gloire des anciens groupes, il vaudrait mieux soutenir les formations actuelles ?
Oui, tout a fait. Mais si certains prennent leur pied à se reformer, tant mieux ! Encore une fois si c'est pour le fun, c'est cool, mais si cela cache autre chose, ça pue !

Quelles sont tes influences (groupes, batteurs) ? Quels albums ont marqué pour toi un changement dans la façon de percevoir la musique ?
Au début c'est sans aucun doute John Bonham et Led Zeppelin. La scène 70's en général. Deep Purple, Grand Funk Railroad, Black Sabbath, Pink Floyd, Alice Cooper («Billion Dollars Babies» fût ma révélation alors que j'avais sept ans), Creedence Clearwater Revival, Status Quo, Ten Years After. Ensuite il y a eu AC/DC et Motörhead. Actuellement je craque sur Black Label Society, Korn, Rammstein et la scène dite Stoner avec Spiritual Beggars, Sheavy, Hermano (et Kyuss bien entendu), Queens of the Stone Age et bien d'autres. J'écoute tellement de choses…

Es-tu un batteur reconnu chez les musiciens professionnels ? Est-ce que tu es demandé par les artistes actuels ?
Oui, comme je le disais plus haut. J'ai tellement de projets que je dis souvent non quand on m'appelle, par manque de temps. Le dernier avec qui j'ai accepté de travailler, c'est Renaud Hantson, pour son répertoire plus «variété», mais c'est aussi qu'il est resté un ami et que je l'apprécie beaucoup.

Merci d'avoir répondu à mes questions. Je te laisse le dernier mot !
Merci à toi et à tous les fans qui me soutiennent dans ma carrière. Restez ouverts à la musique en général et quand à moi je reste debout et bien vivant pour vous en mettre encore plein les oreilles ! A bientôt «Sur la Route»…

Merci aux forumeurs du site Hard Rock 80 pour m'avoir proposé des questions qu'ils auraient souhaité poser à Marc Varez.

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