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INTERVIEWS

 

Raphaël Garrido fût le premier chanteur de WARNING. Il figure sur les deux premiers albums du groupe.

Il répond à une interview de Duby, réalisée le 11 novembre 2007.


- Salut Rapha, comment en es-tu venu au chant ?

Naturellement, comme tout le monde, enfin… généralement.

Dès notre plus jeune âge, on s’amuse à chanter des comptines à l’école ou bien à la maison.

Singulièrement, ma mère chantait tout le temps et notamment adulait les Stones.

A l’âge de 12 ans, j’ai commencé à jouer de la batterie, le chant était secondaire.

Au sein de mon premier groupe, j’ai « au pied levé », remplacé notre chanteur défaillant lors d’un concert à Paris. Nous avions alors un Roadie batteur, qui jouait bien mieux que moi.

Je lui ai proposé ma place et c’est ainsi que préluda ma vocation.


- Comment et pourquoi le nom de WARNING ?
Nous enregistrions une publicité pour une marque de Jeans connue. Parallèlement, comme beaucoup de groupes, nous planchions tous, tout bonnement avec dictionnaire à la main, dans le but de déceler un nom qui sonnerait bien pour notre formation. C’est ainsi que le publiciste présent, nous suggéra le nom de Warning.

- Le premier album de WARNING est enregistré, suivi d'une publicité ou il était possible d'écouter des extraits par téléphone. Une première !
Je n’en sais rien s’il s’agissait d’une première, mais pour l’époque, cette initiative très séduisante et démocratique fit son chemin. Le passionné téléphonait, ensuite il faisait son choix. Une forme de Marketing en quelque sorte.

- Quelle expérience en as-tu retirée ?
Que du bonheur… avant l’arrivée de notre « coach » qui allait saboter notre avenir.

- Que peux-tu nous dire de la tournée qui a suivi ?
En dépit des ragots et autres dénigrements médiatiques (spécialité bien française pour certains pigistes entraînés à « casser » en ce domaine), notre tournée s’est extrêmement bien déroulée. Nous avons déclanché l’enthousiasme et la jubilation partout sur notre passage, mis à part, et ce dans une certaine mesure, sur la scène d’une discothèque bretonne, qui ne se prêtait aucunement à ce genre de musique et de spectacle.

- Arrive ensuite le second album, enregistré en Allemagne aux studios Dierks. Pourquoi un tel choix ?
Je ne suis pas à la source de ce choix.

- Le son est énorme et, pour la première fois à l'époque, enregistré en numérique !
Sans le vouloir, nous avons servis de cobayes, puisque l’évolution technique est dans bien des domaines, présente. Ma fois, cela a été plus que concluant.

- Des souvenirs de cette expérience ?

Dépaysement et travail.

Néanmoins, avec le recul, je m’aperçois que Dieter Dierks s’est indubitablement trompé sur ma façon de chanter. Il m’a comparé à je ne sais quel « hurleur » de la Planète Hard, sans tenir compte de mon style et de mes réels feelings.

Je comprends hélas, que le public s’en est rendu compte promptement.

D’autre part, j’avais composé une très jolie ballade, qui ne fut hélas pas du tout retenue pour ce projet très « baston » et imposé. Quelle erreur. Dommage !


- Une autre tournée était prévue. Pourtant, cette dernière ne s'est pas faite. Pourquoi ?
A quoi bon remuer la merde ! Nous fumes tous fautifs, Warning et le Label.

- Une période trouble suit, durant laquelle WARNING change de maison de disques. Que s'est-il passé ensuite, après cette rupture de contrat ?

Mon groupe a procédé à un casting. Un nouveau chanteur fut engagé.

Quand à moi, je me suis exilé en Allemagne de l’ouest pour 4 longues années de plaisir intense à chanter avec des groupes allemands qui avaient une autre façon de jouer.


- Est-ce une décision personnelle et pourquoi ?

La vie à bord était devenue un véritable enfer. Les ingérences employées par notre « coach » mythomane, la nouvelle politique musicale imposée de force et sans la moindre concertation, le manque cruel de concerts, la déprédation de ma qualité d’auteur compositeur, sans compter le machiavélisme psychologique et la zizanie engendrés par cette personne indélicate, générèrent en moi une forte dissidence menant hélas à notre séparation mutuelle, froide et très Hard. La suite chacun la connaît… ou presque.


- Le générique de l'émission "Prohibition" de Jeff (Radio 7) est une création du groupe. Pourquoi avez-vous créé ce morceau ?
A la demande de Radio 7.

- Qui en a eu l’initiative ?
Jean François Bouquet de Radio 7.

- Après ton départ de WARNING, tu t’es expatrié en Allemagne, ce qui t’a permis de continuer avec des groupes prestigieux. Peux-tu nous en dire plus de tes expériences avec RATED-X, VIVA, VICTORY ?

Rated X fut un groupe exceptionnel. Sa cote allemande équivalait alors, à celle de Téléphone. Malheureusement, les haines et les puissants ego germaniques au sein du Band de Hanovre, sans compter ses relations tendues et financières avec le Label SPV, finirent par sonner l’épilogue de cette expérience plus qu’intéressante. Quelques concerts furent donnés dans le pays. De très bons souvenirs en somme.

 

Quand je suis arrivé chez Viva, le gang, ou du moins ce qui en restait, était alors un combo de « tchatcheurs » illuminés et pas très sympas. Mon ami, Marc Paganini en avait gros sur la patate, il y avait de quoi. Après son départ, les « rescapés » se la racontaient comme ce n’est pas permis. Andy le leader était excessivement lunatique et pas assez convainquant.

Le navire prenait l’eau de toutes parts.

Pour ma part, je laissais tomber cette galère en compagnie du batteur Ovideo Lipan, l’un des plus redoutables drummers du club des 5.

 

En 1985, Victory (ex Fargo), était drivé par le chanteur Charlie Huhn (ex Ted Nugent et Gary Moore). Le groupe était intense, solide et très rodé.

C’est ainsi, que pendant que Charlie Huhn faisait sa promo doublée de plusieurs cadrages états-uniens, que Victory me proposa de le remplacer en « intérim », afin de préparer leur futur Rock Tour américain, sur les scènes ouest allemandes.

Anecdote : Les musiciens s’entendaient à merveille. Un jour, alors que nous étions en route pour un concert à Munich, une baston se déclencha à l’intérieur de la Mercedes.

Déboulant à plus de 200Km/h sur l’autoroute du sud, les pains se mirent soudain à pleuvoir tous azimuts. Et pendant que les uns et les autres se chicoraient d’une manière gravissime, je serrais d’une main le volant depuis la banquette arrière et de l’autre, j’alignais tout comme les frangins, des pêches à tout va. Lorsque nous arrivâmes au Rockpallast, nous avions tous les têtes en sang et le corps couvert de bleus.

Une maquilleuse qui se trouvait en Backstage, recouvrit nos faciès d’une couche de fond de teint épaisse comme le mur de Berlin coté RDA. Un relookage genre Nina Hagen chez Ripolin, afin d’entrer sur scène, sans avoir à effrayer la foule.

Un grand moment de la postérité hard rock Ouest–allemande.

La paix ne dura qu’un moment. Après le concert, rebelote, nouvelle baston dans les coulisses, et cela, durant des semaines


- As-tu participé à d’autres groupes ?

J’ai refusé Accept et deux autres Monsters dont je tairai les noms.

The Element était mon gang vénéré, mon petit loverboy chéri. La fidélité envers mes partenaires d’aventure dépassait tout et de très loin.


- Comment écris-tu les paroles de tes morceaux ? D'ou te vient l'inspiration ?

A vrai dire, à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Je n’ai pas de méthode exacte.

Un mot, une histoire, un souvenir, un petit scénario, mon imagination se met en marche.

J’y ajoute quelques tournures, je les applique aux mélodies. Dès le lendemain je me relis, j’apporte quelques corrections. Encore et encore jusqu’au jour, où après un long break, je me retrouve devant le micro, et là… j’améliore le tout d’une petite retouche finale.

Ensuite, on aime ou on déteste. Tout cela n’est qu’une affaire de saveur et de sentiments.

Chaque auteur possède sa signature. Le principal est de la publier avec sincérité.


- Ensuite, tu t'es retiré du "milieux". Étais-ce un besoin ?

Affirmatif et plus que nécessaire.

Le milieu du show-biz était devenu trop pesant, pas assez ouvert et plus du tout emphatique. L’intelligence n’était plus au rendez-vous de ce métier. Plus aucun Label Major n’osait répondre à une clientèle habituée, fidèle et « consommatrice » de hard rock français et dérivés.

Le manque de courage, l’appréhension des lendemains de productions, la politique envers la facilité, la phobie des médias et autres paramètres inéluctables, ont fait que ce métier qui était le plus beau du monde, s’est retrouvé très rapidement dans la débâcle.

En abandonnant ses Artistes, le show-biz instituait de la sorte… sa propre ruine.

De grands gâchis ont été accomplis. Le talent a été bradé puis foncièrement liquidé.

On a préféré d’autres musiques, d’autres tendances parisiennes. Mais voilà, Paris n’a JAMAIS été la province, et cela, fut une très grave erreur. Une faute impardonnable.

Ce que les décideurs parisiens produisaient, n’était pas ce que la clientèle généralement demandait. Résultat de l’enquête : un véritable désert artistique qui dure inlassablement, et aujourd’hui, un public affichant un raz le bol des Staracs et autres inepties de la sorte.

Conséquence : les véritables Artistes, sont aujourd’hui demandés sur les scènes de l’hexagone par des associations et des organisations dites : des « laissés pour compte ».

Ça fait réfléchir en quelque sorte.


- Qu'as-tu donc fait par la suite ?

J’ai changé de cap en 1990.

Mis les voiles vers les régions du monde que je ne connaissais pas suffisamment.

Rencontré d’autres peuples, écouté et interprété d’autres musiques.

J’ai appris à revivre, à redevenir une personne lambda.

Je me suis également remis en cause après une dépression très importante due au Show-biz.

 
- As-tu gardé des contacts d'anciens membres de groupes auxquels tu as participé ?
Oui, bien sur. Je les revois de temps à autres. Nous sommes très avantagés par ces retrouvailles.

- Que penses-tu des reformations de groupes d'époque tels que ADX, BLASPHEME, SQUARE, DEMON EYES... ?
Magique ! J’en suis ravi pour eux. Longue vie à tous !

- Une reformation de WARNING serait-elle envisageable ?

Sûrement pas en ce qui me concerne. J’ai trop souffert, trop encaissé moralement.

Warning est devenu un groupe de légende, alors ne la brisons pas.

Par ailleurs, je continue à promouvoir mes chansons des albums 1 et 2, tout comme Sting le faisait lors de ses concerts. Mon nom de scène est à présent : Rapha de Warning.


- Existe-t-il des bandes live de WARNING ?
Je n’en sais rien, sûrement.

- Si oui, penses-tu que la sortie d'un album "Live" soit possible ?
Non en ce qui me concerne.

- Les albums de WARNING ont été réédités en CD. Qu'en penses-tu ?

Polydor aurait du le faire, ils en avaient largement les moyens.

Ceci dit, je n’ai rien contre Axe Killer, malgré le simple exemplaire qu’il m’a adressé et le manque TOTAL d’infos sur cette très sympathique réédition.


- Qu'elle était l'ambiance avec les autres groupes français de Hard-Rock à l'époque ?

Je n’en ai connu aucun. A vrai dire, la famille Rock et Hard Rock n’a jamais réellement existé.

Cela a toujours été « Chacun pour soi et Dieu pour tous ». Dommage, car j’aurais tellement voulu participer à des échanges d’amitiés avec les autres groupes et chanteurs solistes.


- Quel est ton plus grand regret ?
La fin de mon groupe et surtout, la désillusion de ses membres face aux rêves désenchantés servis par un « coach » véreux. Christophe m’en a suffisamment fait part en 1988.

- Quel est ton ou tes meilleurs souvenirs ?
Ma rencontre avec Christophe. Le plaisir d’être entouré par mes amis, mes rencontres intellectuelles, mes expériences avec de grands Artistes.

- Quels sont aujourd'hui tes goûts musicaux ? Qu'écoutes-tu ?

Je n’écoute presque rien depuis 30 ans, à part entre autres auteurs, Boris Vian. J’adore le personnage, son humour et sa fabuleuse écriture. L’Artiste est simple, intelligent, génial.

Je l’apprécie énormément. Sinon, je me voue à ma simple musique et à l’écriture de romans.

Cela me suffit amplement et emplit la majeure partie de mon temps.


- Tu as monté un studio d'enregistrement. Que peux-tu nous en dire ?
A la suite d’un appel d’offre lancé auprès des studios spécialisés. La synthèse finale s’est résultée par un budget énorme. La fin des co-prods et la crise du phonogramme ont fait que j’ai du opter pour l’investissement dans une machinerie HD avec laquelle je réalise mes productions. Voilà tout.

- Quels sont tes projets ?

Publier un CD pour 2008. J’ai actuellement une trentaine de titres.

Faire une série de concerts sur Paris et la Province.

Présenter un nouveau show « Remembering » incluant les grands titres de Warning, de The Element, ainsi que des scores de mon futur CD.

Parallèlement, publier un Roman intitulé « Desperados » sous le pseudonyme de PHIL MORE.


- Quelle est la question à laquelle tu aurais aimé répondre ?

Il y en aurait eu tant d’autres, mais ce sera pour la prochaine fois. Parmi celles-ci :

- The Element ?

ou encore :

- Comment va ta santé ? Nous savons que tu souffres d’un pathologie respiratoire qui a agit sur ton larynx.


- Alors, peux-tu nous parler de "The Element" ?

The Element, fut ce que l’on pourrait appeler « une perle rare, un diadème ».

Ses degrés artistiques atteignirent bien des apogées.

Tout d’abord la composition : diversifiée et complexe.

Puis les arrangements : riches, multicolores… luxueux mêmes

Et enfin l’interprétation générale : brillante.

Signé chez Rocks Records (Universal), l’album eut un succès très important en radio.

En trois semaines, les Playlists furent pratiquement saturées. Hélas, le Label ne suivit suffisamment et pour ainsi dire pas du tout. Un véritable gâchis.

Néanmoins, dès que j’en aurai les moyens, je ferai tout pour rééditer cette production sublime À suivre…

Puis il y eut, The Element seconde saison, avec un nouveau staff tout aussi séduisant et artistiquement parfait.

Grâce au staff de la production hollandaise « Flying Dutchman », mon groupe fut reconnu dans plusieurs pays.

Sans fausse modestie, et pardonnez moi de vous heurter, nous eûmes pour parrains : Tony Iommi (Black Sabbath) et Gene Simmons (Kiss). Ce dernier nous présenta à Londres lors de leur show, en diffusant notre musique en ouverture.


- Comment va ta santé ?

Elle va beaucoup mieux qu’il y a 4 ans, où j’étais très mal.

Néanmoins sachez le, d’après les spécialistes qui me suivent, je ne serai plus jamais le chanteur que j’étais auparavant. Une demi-octave en moins dans les aigus ainsi qu’un souffle quelque peu réduit d’environs 30%. Malgré cela, j’ai une pêche d’acier et mon timbre de voix est toujours là. Alléluia !


- A toi le mot de la fin

Je n’aime pas les « FIN », Dieu seul en décide.

Juste… Merci à vous tous.


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