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DUSK OF DELUSION
"(F)unfair"
2018
(Fantai'Zic)


Discographie

(F)unfair (2018)


Nouveau poulain du label Fantai’zic, DUSK OF DELUSION est le dernier projet en date initié par l’incontournable Mathieu Morand (Akroma, Elvaron, La Horde, Louka…) et son compère bassiste Julien Skorka (Elvaron, Louka…).

Ce projet nait en septembre 2016 de l’envie de jouer une musique plus dépouillée et taillée pour la scène. Les deux musiciens mettent en forme leurs premières idées lors de répétitions, grâce aux services du batteur Romuald Carre (Redline, Echoes, Ghord) qui rejoint le groupe.

Sur les conseils de ce dernier, le chanteur Benoît Guillot (Redline, Echoes) est recruté et bien vite le besoin d’une deuxième guitare se fait ressentir. Un vide qui sera comblé par l’arrivée de Claude Colmars (Forsaken World, Deadmen) qui avait déjà joué avec Mathieu auparavant.

Une fois l’équipe réunie et les morceaux finalisés, il est alors temps pour le groupe d’entrer en studio pour mettre en boite "(F)unfair", son premier opus qui sort le 09 mars 2018.

L’album s’ouvre sur une voix féminine qui vous invite à entrer dans la maison hantée puisque ce premier album s’appuie sur un concept (n’oublions pas que Mathieu et Julien viennent du monde du prog) basé sur une fête foraine ("funfair" en anglais) du début du 20ème siècle.

Et chacune des attractions est pour Benoît, parolier attitré du groupe, matière à dénoncer les travers de notre société et ses côtés injustes ("Unfair" en anglais).

Ainsi le jongleur est associé au banquier qui jongle avec l’argent de ses clients, la diseuse de bonne aventure devient le politicien véreux qui joue sur les peurs de ses électeurs… etc.

Après la douce invitation de la demoiselle (loyale ?), "Insanity" est introduite par un gros riff de guitare qui indique clairement que Mathieu et Claude ont ajouté une corde grave à leur guitare pour l’occasion.

Le son des 7 cordes est vraiment excellent et les nombreux riffs saccadés disséminés tout au long de l’album ("Strings on your arms", "All you can see" ou "Sharpest cards") bénéficient du travail conjoint de Mathieu au mixage et de Magnus "Devo" Andersson (Marduk) au mastering.

Niveau guitare, il convient de noter l’utilisation accrue des harmoniques avec en apothéose un "Casanova" qui avec ses saccades, son refrain catchy (à l’instar du superbe "Insanity") et son joli solo ne ternit pas sa réputation de séducteur.

Séduisant, le jeu de batterie raffiné de Romuald l’est tout autant ("Siamese versatility") avec une caisse claire qui claque sèchement ("Strings on your arms") tandis que son jeu de jambes laissera pantois les amateurs de blast beats ("Fortune teller") et de double pédale ("The juggler").

Venons en maintenant aux vocaux car là aussi, le travail abattu est conséquent, alternant régulièrement chant hurlé/chant clair sur les phases couplets/refrains ("Insanity") ou vice versa ("White words"). Le travail d’arrangement sur les voix est remarquable.

En effet, entre chœurs virils ("All you can see", "Wooden horses"), voix filtrées ("Strings on your arms") ou voix parlées ("The sideshow attraction"), Benoît s’est clairement lâché et il faudra de nombreuses écoutes attentives pour déceler toutes les subtilités des arrangements (comme l’ajout d’un discours de Nixon sur "Fortune teller").

Des arrangements qui ne sont par ailleurs pas uniquement l’apanage du chanteur mais bel et bien de tous les musiciens.

Comment ne pas noter le remarquable travail de Julien sur "White words" où sa basse (en partie slappée) donne toute sa saveur à ce morceau, en particulier sur les couplets qui rappellent indubitablement Korn.

Comment ne pas souligner les divers gimmicks de guitare toujours fort à propos comme sur "The juggler" avec cette mélodie qui rappelle la musique du cirque, sur "All you can see" avec ces harmonies "maidenesques" sur le refrain et plus généralement sur tous les morceaux comportant des soli où Mathieu se met au service de la chanson, alors qu’on le sait techniquement capable de nous épater ?

Enfin, comment ne pas s’arrêter sur le dernier morceau de l’album, l’excellent "Take me" et son côté progressif qui démarre sur des arpèges en son clair avant de petit à petit monter en puissance et de finir en apothéose avec des plans qui rappelleront tour à tour Dream Theater, Slipknot ou les inclassables Faith No More ?

Et puisque l’on parle d’étiquette, le genre néo metal me semble un brin réducteur pour qualifier la musique des lorrains. Si des influences telles que Korn, Slipknot ou bien P.O.D. (pour les refrains les plus mélodiques) peuvent être décelées, aucun passage hip hop, caractéristique du genre, n’est ici à signaler.

En revanche, des réminiscences heavy et progressives ou un morceau tel que "Take me" élargissent grandement le spectre musical du groupe et vont bien au-delà du Nu Metal.

Très honnêtement je ne suis pas un grand fan de "metal moderne" et donc de néo-métal, néanmoins je dois avouer que tous les éléments que j’ai pu détailler tout au long de cette chronique m’ont réellement fait apprécier ce 1er album de DUSK OF DELUSION.

A tel point que perché sur mon cheval de bois j’ai plusieurs fois décroché le pompon pour repartir pour un tour gratuit.

Plus sérieusement, "(F)Unfair" est un excellent premier album qui, bien que plus immédiat et direct que les productions antérieures de ces géniteurs, n’en recèle pas moins une foultitude de détails qui ne s’offrent à vous qu’après de multiples écoutes.

Je ne peux donc que vous conseiller de faire fi de l’étiquette néo et d’acquérir le magnifique digipack concocté par le groupe en collaboration avec Le Chromatorium (connu pour ses contributions aux visuels du Hellfest) afin de vous laisser entraîner dans l’univers un brin sinistre, mais finalement addictif, de DUSK OF DELUSION.

Et surtout n’hésitez pas à aller voir le quintet sur les planches, puisque celui ci semble bien décidé, en 2018, à se produire un peu partout en France mais aussi en Suisse et en Belgique.

Chronique par Lolo36
Avril 2018


01 - Insanity (5:05)
02 - White words (4:24)
03 - Strings on your arms (3:29)
04 - The juggler (4:44)
05 - All you can see (4:52)
06 - Siamese versality (4:22)
07 - Sharpest cards (4:03)
08 - Fortune teller (4:38)
09 - Casanova (3:23)
10 - The sideshow attraction (3:49)
11 - Wooden horses (4:47)
12 - Take me (5:58)

Musiciens : Benoit Guillot (Chant), Matthieu Morand (Guitares), Claude Colmars (Guitares), Julien Skorka (Basse), Romuald Carre (Batterie)



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