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DUSK OF DELUSION
"Watch your 6"
2020
(Fantai'Zic)


Discographie

(F)unfair (2018)
Watch your 6 (2020)


Mars 2018 - Mars 2020, c’est quasiment 2 ans jours pour jours qui séparent "(F)unfair" de son successeur "Watch your 6". Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Lorrains de DUSK OF DELUSION n’ont pas chômé dans l’intervalle !

Le groupe a en effet réalisé une tournée de 35 dates qui s’est clôt en apothéose en novembre 2019 avec une première partie de prestige (celle de Mass Hysteria lors de son escale nancéienne à
L’Autre Canal), avant de composer et de mettre en boite ce nouvel opus.

D’un point de vue conceptuel, après l’épouvante d’une fête foraine sortie tout droit de l’imaginaire de Julien Skorka, c’est cette fois-ci une horreur malheureusement bien réelle qui est abordée puisqu’il s’agit de la 1ère guerre mondiale qui est traitée.

Un thème déjà abordé par bien des artistes, en particulier dans le monde du métal (ADX, Thorgen ou encore Sabaton à l’international), mais les garçons ont su faire preuve d’une certaine originalité en n’abordant pas le thème avec une vision exclusivement franco-française, mais en tentant d’appréhender la situation dans la peau des divers belligérants, qu’ils soient militaires ou civils.

Avant d’entrer dans le propos musical, impossible de ne pas insister sur le magnifique artwork concocté par le Chromatorium qui a de nouveau fait un boulot remarquable pour le compte du groupe, lequel a décliné cette œuvre en un joli digipack, mais aussi en un magnifique T-shirt (tous les deux disponibles sur le site internet du groupe).

"Serbian’s gate" ouvre les hostilités sur une intro angoissante jouée par une boite à musique qui fait un lien évident avec le 1er album.

Mais outre ce clin d’œil, c’est la puissance martiale des guitares qui vous frappe d’entrée de jeu et quand le "War ensemble" lorrain se met collectivement en ordre de marche ça dépote sévère.

Car la production est effectivement énorme et les guitares à l’accordage grave, renforcent cette sensation de puissance qui sert à merveille le Metal moderne pratiqué par le combo sur ce nouvel album.

Car il s’agit bien là d’une des évolutions de la musique par rapport à "(F)unfair" et si quelques réminiscences Néo Metal ("Letters to C") ou Hardcore ("Ladies path") subsistent ici et là, l’écoute de "Watch your 6" vous ramène à des combos tels que Black Label society ("The messenger" et ses harmoniques sifflées), Machine Head ("Letters to C"), Iced Earth ("возле окна") ou encore le Dream Theater du nouveau millénaire.

Mais pour les plus anciens d’entre vous, soyez rassurés, les glorieux soldats du Heavy Metal font aussi partie de la palette d’influence des lorrains.

Un "Sadness is my only retaliation" ou "The messenger" possèdent une patine Metallica tandis que le magnifique "Verdun" aurait pu être écrit par un Steve Harris qui serait né dans les années 2000.

Tout au long de ses 9’47, ce morceau reprend bien des codes utilisés par le bassiste de Maiden dans ses titres les plus épiques et progressifs (alternance des tempi et des ambiances, finesse des arrangements, orchestrations) pour une réussite totale et assurément un moment (très) fort de l’album.

Autre réussite, le quintet a su préserver un certain côté mélodique et ne pas se laisser griser par la puissance de sa production pour tomber dans une brutalité sommaire. Ainsi le refrain de "The guardians" ne saurait vous laisser de marbre, de même que les leads et les harmonies à 2 guitares très maidenesques de "Smiling from across".

L’utilisation des guitares en son clair vient aussi apporter un contraste tout à fait délectable comme sur le superbe "возле окна", tandis que les orchestrations sont utilisées avec à propos sur l’excellent "Verdun" mais aussi sur le non moins intéressant "Letters to C" qui fait office de 1er single (supporté par un clip vidéo) et constitue chronologiquement le 1er grand moment de l’album à mes oreilles.

Musicalement la qualité des intervenants n’est plus à démontrer et je pourrais vous louer les qualités de Mathieu Morand en solo ("The messenger" ou en duo avec Claude Colmars ("Smiling from across"), les interventions de Julien Skorka à la basse ("The gardians") ou les breaks de Natan Gengenbacher à la batterie ("While he sleeps").

Mais je me dois de faire un focus sur le travail titanesque effectué par Benoit Guillot sur les voix et je ne peux que vous inciter à aller visionner sur la toile les studio-reports postés par le groupe, pour voir le vocaliste à l’œuvre afin de prendre conscience de son labeur.

L’alternance des chants et la versatilité de Benoît tout au long de l’album sont vraiment un atout fort qui contribuent aux multiples atmosphères et donnent littéralement de la vie aux compositions et aux histoires narrées.

Et pour illustrer ces histoires, tranches de vie de l’Histoire (avec un grand "H"), les Lorrains ont poussé le soucis du détail jusqu’à aller fouiller les archives musicales d’époque (la chanson de Craonne en introduction de "Ladies path") ou n’ont pas hésité à réaliser des emprunts à la musique militaire, telle que la funeste "sonnerie au mort" pour clore l’album de manière tragique dans une ambiance de recueillement.

Une fin totalement à propos pour ne pas oublier l’horreur de cet épisode de notre histoire et les millions de morts qu’il a générés.

Avec ce "Watch your 6", DUSK OF DELUSION vous propose donc un deuxième album d’excellente facture qui voit le groupe lisser le côté Néo Metal ou Hardcore de sa première livraison pour faire évoluer son style vers un Metal moderne à la fois puissant et mélodique, en capacité de ravir de nombreux metalheads.

Vous pouvez évidemment vous arrêter à ce stade mais je ne peux que vous exhorter à pousser plus loin l’expérience en écoutant "Watch your 6" au casque avec les paroles sous les yeux.

Un effort certes supplémentaire à l’heure de la musique de consommation mais la récompense est réellement au bout, le travail d’arrangement sur les voix, les ambiances, les textes ou encore les tempi prenant alors tout leur sens en vous plongeant au cœur de ces récits pour une expérience passionnante.

Chronique par Lolo36
Juin 2020


01 - Serbian's gate (4:39)
02 - The messenger (4:35)
03 - Letters to C (4:38)
04 - Ladies path (3:32)
05 - Возле окна (5:25)
06 - Sadness is my only retaliation (3:42)
07 - The guardians (4:33)
08 - Smiling from across (4:33)
09 - Verdun (9:46)
10 - While he sleeps (5:38)

Musiciens : Benoît Guillot (Chant), Matthieu Morand (Guitares), Claude Colmars (Guitares/Backing vocals), Julien Skorka (Bass/Backing vocals), Natan Gengenbacher (Batterie/Percussions)



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