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DEFICIENCY
"State of disillusion"
2011
(Fantai'Zic)


Discographie

State of disillusion (2011)
The prodigal child (2013)
The dawn of consciousness (2017)


Début 2008, Laurent Gisonna (chant, guitare solo) et Samuel Benvenuti (basse) se retrouvent seuls à la tête de Black Age, leur groupe du moment.

En avril 2008, les deux compères recrutent Mathieu Michels (guitares rythmiques) et Anthony Thomas (batterie), mettant fin à leur "période noire" pour ouvrir la page DEFICIENCY.

Malgré une victoire dans un concours organisé par le Music Academy International (M.A.I.) de Nancy, qui permet d’ailleurs aux lorrains d’enregistrer deux titres dans le studio de la prestigieuse école, le chemin n’est pas de tout repos.

En effet, alors que les sessions d’enregistrement du futur premier album ont débuté en mars 2010, les mosellans se séparent de Samuel, obligeant Laurent à s’emparer de la 4 cordes en plus de sa guitare pour le travail en studio.

Après plusieurs mois de recherche, c’est Vianney Habert qui se voit confier le poste de bassiste tandis que la galette intitulée "State of disillusion" est mise sur le marché le 19 mars 2011.

Leur signature avec le label Fantai’Zic Productions en novembre 2011, leur permet de refaire parler d’eux en ce début d’année 2012, puisque "State of disillusion" est désormais disponible sur de nombreuses plateformes numériques, aussi bien en France qu’à l’étranger.

Les présentations étant effectuées, il est désormais temps de s’intéresser de plus prêt au contenu de ce premier effort studio.

Et une chose est sure, nos lascars ont du parfaire leur éducation musicale à l’écoute des big 4 de la scène thrash US.

En effet, comment ne pas reconnaître ici et là les influences d’un Megadeth ("Reconquered"), d’un Slayer ("The guide") ou encore de l’Anthrax période Belladonna ("Volition" ou encore l’introductif "Brain autopsy").

Et surtout, comment ne pas penser au Metallica de l’album "… and justice for all" à l’écoute d’un "The one who possesses me" très inspiré du "Harvester of sorrow" des four horsemen ? Et enfin, comment ne pas faire un rapprochement avec la bande à Hetfield & Co lorsque débute "Path to nowhere" l’instrumental de près de 8 minutes comme les appréciaient le regretté Cliff Burton.

Vous l’aurez donc compris, DEFICIENCY propose un thrash métal qui puise son inspiration dans la scène américaine originelle, plus particulièrement chez Anthrax (pour la voix) et plus encore chez le Metallica de 1988, la durée moyenne des morceaux (environ 6 minutes) n’étant pas étrangère à ce constat.

De plus, la qualité technique des musiciens s’avèrent bluffante à plus d’un égard, j’en veux pour preuve l’enchaînement "Path to nowhere" / "Sight of despair" mais encore les magnifiques parties de basse sur "Weakness of mind" et "Blurred inception" ou encore ces délicieux blast beats distillés par Anthony sur le plus extrême "Neverending fall".

De même, comment ne pas rester coi devant les qualités rythmiques de Mathieu dont le jeu de guitare rappellent la vélocité d’un certain Scott Ian ou encore celle toute aussi impressionnante d’un certain Jon Schaffer, le leader de Iced Earth.

Ecoutez donc ce "Weakness of mind" plus heavy que thrash et qui en plus n’a pas oublié d’être mélodique avec ces harmonies de guitares très maidenesques qui confèrent un côté quasi progressif à ce morceau.

Car effectivement, si le thrash des lorrains s’appuie sur une base traditionnelle, il n’en est pas pour autant passéiste car les petits gars de l’est on su insuffler ici et là les éléments nécessaires pour éviter cet écueil.

Ce sont ainsi des blast beats qui en appellent à Gojira qui viennent donner plus de saveur aux compositions, ailleurs ce sont des voix extrêmes ("The guide", "Neverending fall") à la Testament alors que sur le magnifique "Too weak to fight" ce sont des arrangements vocaux tout droit inspirés de System Of A Down qui apportent une touche de modernité salvatrice au métal de DEFICIENCY.

J’ose ici le mot "salvatrice" car malgré d’évidentes qualités, le thrash metal de DEFICIENCY s’avère parfois difficile à digérer d’une traite, la durée des morceaux n’étant évidemment pas étrangère à cela.

La complexité des compositions peut aussi s’avérer à la longue indigeste et demander un réel effort de la part de l’auditeur.

Mais voilà, il s’agit là d’un premier album et il est presque logique que les mosellans ne possèdent pas le recul et le métier nécessaire pour canaliser cette énergie créatrice et cette fougue qui vous pousse à en faire toujours plus.

Mais ce passage, nombre de groupes et non des moindres l’ont connu à leurs débuts et seule l’expérience (les concerts, la réaction des fans…) et l’autocritique permettront aux lorrains de franchir ce cap.

D’ailleurs n’ont-ils pas déjà commencé à trouver quelques réponses avec ces touches plus extrêmes et modernes distillées ici et là, ou encore grâce à ces relents heavy progressif voire même mélodiques.

Bref, à mon sens il reste au groupe à trouver le juste équilibre entre tous ces éléments, afin de franchir un palier vers l’excellence et de proposer un thrash encore plus attractif, sans pour autant tomber dans le syndrome de la simplification à outrance, comme le fit Metallica pour son black album.

En attendant, ce "State of disillusion" s’avère une très bonne carte de visite qui fait montre d’une très belle richesse musicale et d’une réelle technicité de la part des musiciens, mais qui demande à coup sur une réelle implication de la part de l’auditeur, chose malheureusement de plus en plus difficile de nos jours avec l’afflux de productions sur un marché ultra saturé.

Mais l’investissement en vaut vraiment la peine selon moi et je me répète, nous tenons là un excellent groupe qui, s’il ne loupe pas le cap du deuxième album pourrait bien faire parler de lui dans les prochaines années.

Chronique par Lolo36
Avril 2012


01 - Brain autopsy (6:38)
02 - The guide (5:15)
03 - The one who possesses me (5:08)
04 - Neverending fall (4:03)
05 - Volition (5:23)
06 - Weakness of mind (7:55)
07 - Blurred inception (4:56)
08 - Path to nowhere (8:07)
09 - Sight of despair (5:34)
10 - Reconquered (6:10)
11 - Too weak to fight (5:44)

Musiciens : Laurent Gisonna (Chant / Guitare), Samuel Benvenuti (Basse), Mathieu Michels (Guitare), Anthony Thomas (Batterie)




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