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OCEAN
"Océan"
1980
(Barclay)


Discographie

God's clown (LP 1976)
Ocean (LP 1980)
Qu'est-ce que tu dis ? (SP 1980)
A Live + B (LP 1980)
Ocean (LP 1981)
Louise (SP 1981)
Attention contrôle (SP 1981)
16 grands succès (LP 1981)
Spécial polar (SP 1983)
Juste au bout du désert (SP/EP 1986)
Story, live & more (Coffret 2010)
C'est la fin (CD 2016)


C’est seulement 4 ans après leur premier album, "God’s clown" que sort ce deuxième album d’OCEAN sans patronyme. Et quelques changements sont intervenus.

Pas tant en ce qui concerne le line up du quartet mais plutôt dans son orientation musicale qui se veut plus hard et simplifiée que le mélange de hard rock seventies (à la LED ZEPPELIN) et de rock progressif estampillé 70’s lui aussi (à la KING CRIMSON) auquel le groupe nous avait habitué sur son premier disque.

Cette tendance est évidente dès le morceau d’ouverture de l’album, l’excellent "Je suis mort de rire", un titre direct et rock sur lequel on retrouve la voix si caractéristique du trop méconnu Robert Belmonte. Il y a un soupçon de Robert PLANT chez cet homme qui donne une saveur et une chaleur toute particulière à la musique de OCEAN.

Derrière le chanteur, Georges Bodossian n’est pas en reste et sans en faire des tonnes, le guitariste propose des riffs incisifs d’une efficacité redoutable, tandis que la section rythmique le soutient sans faillir.

Les fans de la première heure se montreront certainement déçus de cette simplification musicale mais assurément le groupe en gagnera de nouveau et ce "Je suis mort de rire" deviendra un classique du groupe en live (on le retrouvera d’ailleurs sur l’album "A live + B" quelques années plus tard).

Dans la foulée de ce morceau, ce ne sont pas des titres tels que les excellents "Menteur", "T’as qu’à t'casser", "Paye", "Où et quand tu veux" ou encore "Joue" le titre de fin qui conclut cet album de la plus belle des manières, qui vont infirmer cette tendance musicale plus brute prise par les compositions du groupe.

Cependant, chassez le naturel, il revient au galop. Il est effectivement difficile de balayer d’un revers de main les fantômes du passé. Et si le côté progressif a disparu sur les titres que je viens de citer, il en reste des réminiscences probantes sur les 2 compositions restantes, les plus longues du disque par ailleurs : l’excellent "Happy birthday" et surtout le somptueux "Les yeux fermés".

En effet, les structures de ces deux morceaux que l’on pourrait qualifier de power ballade, s’avèrent beaucoup plus élaborées que les autres compositions de l’album et les arrangements bien plus sophistiqués.

"Happy birthday" débute sur une intro en son clair tandis que la guitare saturée fait son entrée sur le refrain. Et c’est cette alternance son clair / son saturé qui va faire toute la richesse de cette composition qui quelques secondes après un passage heavy s’engage dans un pont tout en retenue sur lequel la voix de Robert fait des merveilles. Et vice et versa. Superbe titre !

De même, "Les yeux fermés" débute sur un long arpège en son clair sur lequel vient se placer la voix de Robert tandis qu’un saxophone et un clavier viennent enrichir l’espace sonore. Et ce n’est qu’au bout de 3 minutes de calme qu’entre en scène la guitare par un magnifique solo en tapping de Georges Bodossian qui part ensuite dans une folie épileptique pour un passage bien hard. Le morceau redescend en tension et s’achève en douceur et en apothéose avec l’aide de chœurs féminins qui viennent épauler la voix sublime et toute en émotion de Robert Belmonte. 7 minutes de bonheur pour ce qui est selon moi le meilleur titre jamais enregistré par OCEAN. La grande classe !

En conclusion, je dirai donc que cet album de OCEAN se traduit par un durcissement et une orientation musicale plus hard de la musique du groupe. Avec cependant un petit bémol concernant les deux petits chefs d’œuvre dont je viens de vous parler qui gardent un côté progressif carrément jouissif.

Cet album s’avère une véritable réussite, validant ainsi le virage musical pris par le groupe, il faut aussi dire que celui-ci avait su s’entourer pour se lancer dans ce projet puisque ce n’est ni plus ni moins que Andy Johns (Uriah Heep, Pink Floyd ou encore David Bowie) épaulé de Martin Gordon (Sparks entre autres) qui se retrouvent derrière la console pour enregistrer ce deuxième vinyle.

Signalons pour l’anecdote que la réalisation de la pochette a été confiée à un tout jeune photographe alors quasi débutant dans le métier et qui deviendra quelques années plus tard une référence dans son domaine en travaillant avec les plus grandes stars de la musique et de la mode : Jean-Baptiste Mondino.

Enfin, si "God’s clown" et le troisième album du groupe s’étaient vu réédités, ce n’était jusqu’à présent pas le cas de cet excellent deuxième opus. Fort heureusement, avec la sortie en ce début d’année 2010 du coffret "Story, live and more", cette erreur est maintenant réparée.

Et quel plus bel hommage à l’attention de Robert Belmonte, qui nous a quitté en 2004, que ce package qui regroupe la quasi totalité de la discographie du groupe, agrémenté de lives et de raretés, et ce pour un prix plus que raisonnable.

Vous n’avez donc désormais plus aucune excuse pour ne pas rapidement découvrir (ou redécouvrir) un de ces albums dont le hard rock français ne peut que se montrer fier, tellement il est bon.

Chronique par Lolo36
Janvier 2010


01 - Je suis mort de rire (3:18)
02 - Les yeux fermes (7:07)
03 - Menteur (3:37)
04 - T'as qu'a t'casser (3:27)
05 - Happy birthday (5:15)
06 - Paye (6:01)
07 - Où et quand tu veux (3:46)
08 - Joue (3:45)

Musiciens : Robert Belmonte (Chant), Georges Bodossian (Guitare), Noël Alberola (Basse), Jean-Pierre Guicharda (Batterie)




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